Las Bardenas Reales, un désert en Navarre

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Les Bardenas Reales constituent un espace aride situé au Nord de l’Espagne, en Navarre (près de Tudela). Le relief y est très particulier, rappelant l’Ouest Américain (en version miniaturisée), ou encore (d’après certains), des déserts du Maroc (aux endroits les plus rouges et blancs). L’adjectif « Reales » renvoie à l’époque durant laquelle ces terres appartenaient à la famille royale de Navarre.

L’endroit, d’une superficie totale de 41 845 hectares, a été classé Réserve de la Biosphère par l’UNESCO en 1980 et est devenu un Parc Naturel en 1999. Les Bardenas sont partagées entre la Bardena Blanca et la Bardena Negra. Elles ont accueilli des tournages de films de genre western (et on comprend pourquoi).

bardenas reales

bardenas reales la blanca

Le sol y est partout très sec, creusé par de petits ruisseaux qui sont la plupart du temps eux-mêmes asséchés. Il est composé de marne, de grès, d’argile et de gypse et possède une jolie palette de teintes naturelles comme je les aime. Les roches sont victimes depuis des millions d’années d’une érosion importante (ayant créé entre autres des pics et des orgues à flanc de falaise) due au vent, au climat méditerranéen aride et aux pluies.

bardenas reales la blanca

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En cas de pluie justement, ce terrain sec peut néanmoins se transformer très vite en gadoue, donc faîtes attention à la météo si vous souhaitez vous y rendre… Il y fait très chaud en été (35° quand nous y étions le week-end dernier), et moi qui supporte difficilement la chaleur, j’ai été servie !  Cependant je dois dire qu’avec ce genre de paysages, cela me gêne moins, enfin disons que la chaleur colle bien avec ce que l’on voit (et je remercie ma crème solaire ainsi que mon spray d’aloe vera qui m’ont gardée à l’abri des coups de soleil, renforcés par du vrai gel d’aloe vera en soirée : combo redoutable !). Pour autant, je conseille vraiment de visiter les Bardenas plutôt au printemps ou à l’automne pour davantage de confort.

Les végétaux se font rares et sont également très typiques (chardons géants) et secs. Au coeur de la Bardena Negra, on rencontre également des pins d’Alep ainsi que des champs de céréales.

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L’impression de paysages lunaires n’est jamais bien loin. Je n’avais pour ma part jamais vu un tel ensemble géologique, et je dois admettre que c’est assez impressionnant et dépaysant !

Il est possible de parcourir les Bardenas en véhicule à quatre roues ou deux roues motorisés (sentiers précis), à vélo (un peu plus de possibilités) ou encore à pied (on peut aller où bon nous semble mais certains endroits peuvent être inaccessibles en été pour protéger la nidification des rapaces). Nous avons opté pour la voiture afin de traverser la Bardena Blanca basse (un trajet d’une trentaine de kilomètres – 3h30 en comptant nos haltes et petits parcours pédestres rapides), puis pour une traversée rapide en voiture accompagnée d’une randonnée pour la Bardena Negra (je vous en reparle plus bas).

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La Bardena Blanca

J’ai particulièrement apprécié la présence de chevaux et d’un âne au début du parcours, d’autant qu’on ne peut pas dire qu’on ait eu l’occasion d’admirer une faune très présente par la suite… Pas de chat sauvage, ni de renard, ni de hibou comme indiqué dans le guide ; seulement des vautours et des lézards.

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J’ai trouvé aussi beaucoup de charme aux petites cabanes / maisonnettes de bergers qui ponctuent les sentiers ça et là (les lieux étant autrefois dédiés à une riche activité pastorale).

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La Bardena Blanca est la plus touristique des deux Bardenas, car elle abrite de nombreux plateaux, ravins, et autres pics aux formes alambiquées.

La Cheminée de Fée (Castildetierra)

C’est la colonne de roches la plus emblématique des lieux, et c’est vrai qu’elle en impose !

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Las Cortinillas

Elles constituent également une des haltes les plus intéressantes du parcours, la vue y étant particulièrement saisissante. La montée est un peu sportive à cause des nombreuses marches et surtout du fait que certaines d’entre elles soient écroulées (obligeant à un contournement pas forcément aisé), et la descente l’est tout autant car la terre sèche… ça roule sous les pieds !

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Le Massif de la Pisquerra

Ce rempart de roche est tout en longueur et impressionnant, qu’on le voit d’en haut ou d’en bas…

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La Bardena Negra

Nous sommes entrés dans la Bardena Negra, effectivement plus verte (même si ça doit être plus flagrant avec les cultures printanières). Nous avons suivi en voiture un sentier qui nous a conduits en une dizaine de minutes vers notre point de chute, El Corral de Bea, au pied de La Peña del Fraile.

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Peña del Fraile

C’est parti pour une petite randonnée qui pourrait aussi s’appeler « Le Chemin des petites pierres’, et vous allez vite comprendre pourquoi en images.

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Le sommet du Fraile culmine à 565 mètres d’altitude, il faut environ compter 5 km (selon les sentiers suivis) et 2h30 pour y aller et en revenir. Nous avons expérimenté pour la première fois une randonnée sans âme qui vive autour de nous (à part dans les 5 minutes qui ont précédé notre retour vers la voiture – nous étions d’ailleurs étonnés de voir arriver des gens pour randonner pile aux heures où le soleil serait le plus haut dans le ciel, sachant les températures du coin…).

Nous avons lutté dans certains passages contre un vent à décorner les boeufs (certainement celui que les locaux nomment « le Cierzo ») et avons cheminé sous un soleil de plomb (malgré notre arrivée à 9h30), au point que nos foulards nous servaient soit pour protéger notre cou, soit pour protéger notre tête en mode turban. Avec ce climat et une terre qui se désagrège sous les pieds, les 200 mètres de dénivelé ne sont pas de tout repos (un peu de concentration en descente est requise pour ne pas glisser).

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Je referais cette rando sans hésiter tant le contexte tout le long est impressionnant (même les vautours au-dessus de nos têtes, bizarrement disparus une fois le sommet atteint) et tant la vue une fois en haut coupe le souffle.

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Voici une petite vue du camping où l’on a dormi la nuit du samedi au dimanche. On a planté notre tente dans un recoin donnant sur la campagne alentours, un paysage en plusieurs plans comme je les aime. Le moins que l’on puisse dire c’est que la Navarre est très « verte » : nous avons vu sur notre route des centaines d’éoliennes et même un champ de capteurs solaires !

camping

Ce camping, où nous avons pu admirer depuis notre tente un coucher de soleil magnifique sur ce même paysage, est situé à 500 mètres du Monastère de Veruela. Mais je vous reparle dans le prochain article.

Las Bardenas Reales en vidéo

Je vous quitte avec une petite vidéo de mon projet Faro, bon visionnage !

Hola! Moi c'est Fanny, 29 ans.
J'adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif…

6 commentaires sur “Las Bardenas Reales, un désert en Navarre

  1. Hello !

    Ces photos sont magnifiques : les Bardenas sont tellement dépaysants, c’est incroyable d’avoir un tel désert en Espagne, qui n’est pas sans rappeler les déserts américains. Pour y avoir été, je comprends totalement ton emballement pour ce périple. La vidéo est extra, j’ai beaucoup aimé le choix de la bande-son 😉

    À bientôt,
    Estelle

    1. Merci Estelle <3 ! C'est vrai que ce week-end là a permis de vraiment déconnecter, les Bardenas sont assez incroyables. Au départ pour la bande-son on avait en tête quelque chose d'approchant à certains morceaux de Django Unchained, puis on s'est rappelé ce groupe toulousain que l'on aimait bien (Scarecrow) et qu'on avait vu en concert quand on y vivait. Ils mélangent blues et hip hop et c'est franchement génial, je te conseille l'écoute 😉

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