Ecologie et conso responsable

Mode éthique ou green-washing ?

7 mars 2018
mode éthique ou green washing

Cela n’aura échappé à personne, la mode éthique a atteint les marques de fast-fashion depuis quelques années. Faire de la fast-fashion d’un côté, c’est-à-dire produire une diversité astronomique de pièces pour renouveler les collections chaque semaine ou tous les 15 jours, pour ensuite détruire les invendus1et2. Produire de manière éthique (ou vanter un pseudo recyclage3) de l’autre côté : il n’y a que moi que ça gêne ? Je veux dire, il y a vraiment une logique sincère derrière tout ça ? J’en doute.

En me penchant d’un peu plus près sur le sujet, ce que ces marques (Zara, Mango, H&M…) appellent « éthique » ne renvoie en fait qu’à une facette de l’éthique (deux, si l’on considère que l’une induit l’autre) : les matières utilisées, qui se veulent plus végétales et bio (ça, on y revient juste après), et donc, un recours moindre aux matières animales donc plus d’éthique sur ce point aussi. Soit. Mais quid des conditions des travailleurs ? Parce que produire de « plus belles matières » mais dans des conditions catastrophiques, personnellement je n’appelle pas ça de la mode éthique. D’ailleurs, si on la définissait, avant de rentrer dans le vif du sujet ?

Qu’est-ce que la mode éthique ?

Alors d’abord, résumons ce qu’est la mode éthique. Elle consiste à produire des vêtements dans le respect de plusieurs critères.

Le respect des travailleurs

Une mode éthique fait appel à une main d’oeuvre non sacrifiée, c’est-à-dire au salaire et au volume horaire hebdomadaire décents, à l’âge minimum requis de 18 ans, logée et nourrie convenablement (et pas dans les baraquements immondes que certains ateliers travaillant pour des marques connues leur attribuent).

Le respect de l’environnement

Une mode éthique n’a pas recours à des matières premières qui nécessitent l’utilisation de substances toxiques (pour notre santé et celle des personnes tout au long de la chaîne de fabrication), qui polluent les eaux de nombreuses régions (entraînant une augmentation très importante des maladies graves et invalidantes) et dont l’impact environnemental est important.

Les matières les plus éthiques sont donc les matières naturelles telles que le coton bio -même s’il reste assez gourmand en eau-, le bambou, le chanvre, le lin, et le lyocell / tencel. Cette dernière est une matière formidable (douce et résistante) dérivée de la pulpe de bois (de bambou, d’eucalyptus…), d’un confort impressionnant et avec une absorption de l’humidité supérieure à celle du coton ou de la soie. Si elle n’est pas trop maltraitée durant le processus de fabrication du vêtement (par la teinture, notamment), elle est même biodégradable. De nombreuses matières textiles végétales commencent à voir le jour (notamment des fibres créées à partir de maïs, de soja ou d’algues), ce qui laisse présager de belles possibilités pour l’avenir !

Les matières les plus polluantes, en revanche, sont le coton normal (qui nécessite de l’engrais et des pesticides) et les matières dérivées de l’industrie du pétrole telles que le polyester, le polyamide, la viscose, l’acrylique, l’élasthanne, le nylon (en plus d’être en général moins qualitatives et durables). Une exception peut-être : le polyester recyclé.

Le respect des animaux

Consommer éthique signifie que l’on peut se tourner vers certains produits issus du monde animal, en veillant aux respect de conditions animales optimales (n’entraînant pas la mort et traitant bien l’animal tout au long de sa vie).

Pour la laine, il faut savoir qu’en Australie le mulesing est couramment pratiqué : il s’agit d’une mutilation péri-anale des jeunes agneaux mérinos, pratiquée dans le but de leur éviter une contamination par la myiase, une obligation liée aux manipulations génétiques diverses dont ces bestiaux font l’objet… Problème, l’anesthésie qui devrait aller avec est loin d’être aussi répandue que la pratique. Difficile de savoir d’où la laine d’un pull provient, mais certaines marques peuvent être transparentes sur ce sujet, voire faire appel à de petits producteurs en Irlande, France ou en Espagne par exemple, en étant vigilante à différents niveaux (dont celui-ci).

Concernant la soie, elle est rarement éthique (à part la soie sauvage peut-être) car les vers sont tués à l’intérieur du cocon au moment de la récupération de la soie. C’est une matière que j’ai personnellement achetée une fois mais que je n’achèterai plus, d’autant qu’une alternative végétale voit peu à peu le jour, avec l’asclépiade. Dite aussi la « soie du Québec » ou « soie d’Amérique » (avouons que c’est plus facile à prononcer !), elle est produite à partir du soyer et possède de très bonnes qualités thermiques en plus d’être solide.

Pour la fourrure animale, je pense que je n’ai pas besoin d’expliciter ce point, c’est assez évident.

La mode éthique, c’est donc un joli condensé de valeurs et principes respectueux à la fois de la planète et de ses habitants.

mode éthique ou green washing (3)

@pixabay

Le coton BCI : on ne nous dit pas tout…

Attention, on rentre dans le vif du sujet.

Si on en revient aux marques de fast-fashion, on peut remarquer que la plupart possèdent à présent sa collection éco-responsable : Conscious pour H&M, Join Life pour Zara, l’Asos green room…

Les marques s’auto-labellisent souvent, mais elles ne sont pas les seules : a priori d’autres le font en étant à peu près fiables, pas de jugement à l’emporte-pièce donc. Le problème (soulevé d’ailleurs par un reportage récent de Cash Investigation), c’est qu’elles font appel à une conscientisation abusive du consommateur. Je m’explique : elles indiquent pour beaucoup avec petite étiquette verte que le vêtement est écoresponsable : le consommateur se dit donc qu’il fait un achat éthique.

Sauf que non, malheureusement ce vêtement est rarement éthique (il a éventuellement des matières plus naturelles, mais il a été fabriqué dans les mêmes ateliers que les autres vêtements, donc pour l’éthique humaine on repassera). Il est même très rarement bio. Un comble, non ? Et pourquoi ? Parce que ces marques ont en réalité rejoint une organisation promouvant le coton BCI, la Better Initiative Cotton : or, surprise, son fonctionnement est pour le moins déroutant ! A travers ce « label » (si on peut appeler ça comme ça) les marques s’engagent à produire du coton de manière « raisonnée ». A l’arrivée, le coton BCI peut pourtant être largement minoritaire voire inexistant dans un vêtement qui portera pourtant l’étiquette « BCI » si rassurante pour le consommateur4et5… Surtout, coton de culture raisonnée ne veut pas dire coton de culture bio : en agriculture dite « raisonnée », les OGM et pesticides chimiques sont toujours autorisés6 ! Ce n’est pas du tout ce que laisse entendre l’étiquette apposée ensuite sur chaque vêtement…

Dans ce cas, pourquoi ce label a-t-il eu tant de succès parmi de nombreuses marques (celles citées précédemment avec les collections Conscious, Join Life etc. mais aussi Bonobo, Esprit, Levi’s, Gap, Adidas ou encore Ikea, qui en est à l’origine…) ? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de cahier des charges compliqué, et qu’il est aisé en y adhérant de s’acheter une conscience green… Faire du green pour des raisons marketing, c’est ce qu’on appelle le green-washing (source). Je sais, moi aussi j’avais envie d’y croire, et moi aussi je suis déçue. Je me suis même dit que certaines des marques adhérentes avaient peut-être des intentions très louables au départ, mais je ne vois pas comment une fois la démarche amorcée, on peut ne pas se rendre compte de la différence (et persister)…

Comme Coline (et son récent article sur le sujet), j’avais aussi envie de me dire qu’il fallait tout de même soutenir ce genre d’initiatives, que c’était une forme de progrès, même imparfait… Puis je me suis rendu compte avec le reportage de Cash Investigation7 et des recherches complémentaires que c’est limite l’inverse qu’il risque de se produire, donc je n’ai plus envie d’être complaisante. Parce que moins contraignant (pas de cahier des charges, ça soulage !) et tout aussi vendeur auprès des marques, de nombreux producteurs de coton, dont certains étaient labellisés bio, se sont tournés vers le BCI. Bilan des courses, aujourd’hui on compte 12% de production de coton BCI dans le monde, et plus qu’un petit % en bio véritable. Le succès de ce type de « label » semble nuire davantage à la démarche originellement souhaitée (un monde plus vert, plus beau, avec plein de jolies marguerites etc.) et surtout, il ne faut pas oublier qu’il ne fait pas avancer d’un iota la condition des ouvriers du domaine textile. Inutile, voire contre-productif…

Des organisations que je tenais pour sérieuses (WWF) en sont pourtant devenues des mécènes. Alors certes, certaines initiatives vantées par la BCI sont sûrement réelles, mais j’ai du mal avec ce jeu mené par les marques avec leurs consommateurs : lorsque ces derniers font l’effort (psychologique et financier) de se tourner vers une fringue estampillée éthique et de surcroît supposée contenir du coton bio, il faut que ce soit une réelle éthique et du vrai coton bio, sinon il y a clairement abus !

mode éthique ou green washing (2)

@pixabay

Boycott ou non-boycott ?

Difficile question. Pour ma part, je ne peux imaginer revenir vers les marques de fast-fashion et celles qui pratiquent un green-washing trop évident, ce qui me place à l’opposé de la démarche de Coline sur ce point. Je suis également en désaccord complet avec elle sur le fait qu’un total boycott pénaliserait les pays concernés (il n’y a qu’à voir la faible part du salaire d’un employé dans le coût total d’un vêtement8… seulement de 1 à 3% !). En ce qui me concerne, je ne me vois pas soutenir des marques qui essaient en fait juste de donner bonne conscience aux consommateurs… pour qu’ils consomment encore davantage !

Cependant, qu’en est-il des marques qui à l’inverse, ne s’affichent pas ouvertement « green » (ne font pas référence à un label) mais assurent avoir des pratiques responsables (contrôle des ateliers de confection, vigilance dans le choix des matières, vêtements qualitatifs et faisant la part belle au végétal) ? Je pense ici à certaines pièces de Sézane, Sessun, Samsoe Samsoe (je n’ai d’ailleurs jamais parcouru une charte aussi transparente et complète sur le site web d’une marque qui ne se proclame même pas écoresponsable), Des Petits Hauts, Ese o Ese… Leur donne-t-on une chance d’être plus crédibles, car ce sont des petites productions (ou pas énormes), que les stocks ne sont pas immenses, les pièces pas si nombreuses, les prix pas souvent bradés (signe que la marge est moindre), la qualité souvent au rendez-vous, les matières souvent naturelles  ?  Je pense personnellement essayer (mais forcément, vu le budget, pas souvent, mais ce n’est de toute façon pas le but).

On fait un petit zoom sur les pays de fabrication : made in Spain, made in Portugal, made in France… made in China. Oui, je sais, ça surprend. Mais là encore, les clichés ont la vie dure : le made in China n’est pas forcément le made in China (what ?). Je veux dire par là qu’il y a là deux poids et deux mesures : déjà, la Chine est un pays dont les lois ont beaucoup évolué ces dernières décennies, et où produire coûte à présent assez cher pour certaines marques (qui migrent et ont migré vers le Bangladesh, la Tunisie, l’Inde… – voir source mise en avant par Coline). D’ailleurs, ça aussi Coline en parle très bien dans l’article que j’évoquais plus haut. Ensuite, il faut prendre conscience également du fait qu’il est tout à fait possible de produire de manière éthique en Chine (en contrôlant et en imposant ses conditions sur toute la chaîne de fabrication), ce qui pour les populations locales, est en fait la meilleure des solutions : un abandon des grandes multi-nationales qui les exploitaient et une « colonisation » par des marques plus conscientes des réalités humaines est une très bonne chose, car cela permet à ces populations, plutôt que de se retrouver désoeuvrées, de travailler enfin dans des conditions décentes… Et on s’extasie sur le made in Portugal, car européen, mais les salaires n’y sont pas bien élevés non plus en comparaison de la France. Sauf qu’en France, la filière textile n’est pas très vive, et les savoirs-faire se perdent…

Pour conclure, je pense qu’en matière d’habillement je me fierai encore davantage à mon instinct (et surtout à mes recherches) plutôt qu’à un label (comme le BCI peut se prétendre l’être), tout en gardant à l’esprit que le meilleur vêtement (et le plus abordable !) reste celui auquel on donne une seconde vie. Si le sujet vous intéresse, Estelle a également sorti un article hier (on avait parlé ensemble récemment du reportage de Cash Investigation) dans lequel elle aborde la question du BCI tout en faisant un focus sur une marque non-labellisée mais qui peut être tout aussi intéressante.

Les sources

source 1 – source 2 – source 3 – source 4 – source 5 – source 6 – source 7 – source 8

[image à la une : pixabay]

Hola! Moi c’est Fanny, 29 ans. J’adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Je vis en Espagne (Donostia – San Sebastián) depuis plus de 3 ans et déménage fin Mai à Boston (USA) pour de nouvelles aventures !




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    Irène
    7 mars 2018 at 9 h 37 min

    Merci pour cet article très intéressant. Je suis un peu partagée sur la question de consommer ou non les grandes marques : à titre personnel je préfèrerais éviter, c’est clair, d’ailleurs je ne le fais plus. Mais en revanche il faut trouver d’autres moyens de leur mettre la pression je pense car elles ont pignon sur rue et de gros moyens de communication. On m’a fait remarquer récemment que dans mon articles sur les limites de la consommation éthique, je donnais finalement assez peu de pistes pour aller plus loin que ça. Je pense écrire une suite pour discuter justement des différentes manières qu’on a d’agir, et pas seulement en consommant !

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      parenthesecitron
      7 mars 2018 at 11 h 03 min

      Oui je suis d’accord avec toi, les solutions peuvent sûrement dépasser l’acte de consommation (ou consomm’action ), c’est une très bonne idée d’en parler et j’irai lire ça avec grand intérêt (ainsi que ton article précédent !).

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    Alessia
    7 mars 2018 at 10 h 36 min

    Hello ! J’avais lu l’article de Coline, et je lis le tien désormais. Je suis d’accord avec vous deux, même si vous êtes en désaccord sur certaines choses (oui, oui ^^). En fait, je comprends vos deux points de vue, car je suis partagée. J’ai de petits revenus, et la mode n’est vraiment pas ma passion, ni un gros poste de dépense. De plus, je suis en gros amincissement, donc je ne vais pas investir dans des vêtements plus coûteux tout de suite. Les fripes, j’aime beaucoup le concept, mais j’avoue n’y avoir jamais vraiment trouvé mon bonheur jusqu’à présent. Que faire ? Me tourner vers ces initiatives, privilégier d’autres marques dont on parle moins, mais qui sont tout aussi hasardeuses dans leur éthique ? Le choix n’est pas facile, même en voulant consommer éthique. C’est pour cela que, dans mon cas, je ne peux être arrêtée sur une unique solution. Autant en matière de cosmétiques, ou dans d’autre domaines, c’est assez accessible et facile… autant un vêtement d’une marque réellement green est vraiment un trou béant dans un petit budget. C’est, je pense, aussi ça qu’il faut prendre en compte ^^

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      parenthesecitron
      7 mars 2018 at 11 h 19 min

      Je comprends aussi ta position car dans le cas où tu évolues beaucoup physiquement (je pense à une grossesse aussi, il peut ne pas être évident de retrouver sa taille habituelle après), il est en effet compliqué d’investir dans de belles pièces éthiques. Les friperies, selon où on vit, peuvent être une solution géniale, mais quand ce n’est pas le cas, il reste la possibilité d’acheter sur Vinted ces mêmes marques ou d’autres (ou Le Bon Coin, Wallapop ?). Ne pas essayer le vêtement avant achat peut aussi être compliqué (cependant, dans certaines villes des vide-dressings sont organisés, ça peut être une piste ? Libre à nous d’en organiser dans notre ville / entourage, aussi, et d’en faire le relais sur les RS). Sinon avec un petit budget, je serais à peu près du même avis qu’Estelle (dont je cite l’article à la fin du mien) : prendre les vêtements au cas par cas et regarder au moins le pays de fabrication et la matière (on peut avoir des bonnes surprises avec des marques non étiquettées « éthiques » (et même si cela reste au sein de marques pas très défendables, c’est déjà un pas intéressant !).

      Après, la technique ultime à mon sens (n’ayant pas un budget énorme non plus parce que d’autres priorités), c’est d’attendre les périodes de soldes : si les marques ne proposent pas toujours des réductions hallucinantes en ligne (les marges sont un peu plus serréees qu’en fast-fashion), cela permet quand même de réduire sensiblement le budget alloué à ce poste. Certaines marques peuvent d’ailleurs être distribuées dans de petits magasins locaux (je pense à Samsoe Samsoe et Sessun que je retrouve dans ma ville en Espagne et dont certaines pièces sont fabriquées en Europe, ou ailleurs mais avec beaucoup de vigilance -à en croire la marque, mais ils n’en font pas un axe marketing donc étrangement j’ai davantage confiance…). Ces petites boutiques appliquent parfois leurs propres réductions sur le stock commandé, ce qui peut être très intéressant (j’ai trouvé pour ma part un pull à -50% de cette manière, et il y avait nombre de chouettes pièces subitement abordables mais je suis restée fidèle à ce que je recherche).

      Je pense que consommer éthique avec un petit budget reste possible mais il faut s’armer de beaucoup de patience (si l’on n’a pas un besoin « urgent » d’un vêtement) : je cherche un gilet et une jupe de styles très simples depuis des mois mais ne trouvant pas « chaussure à mon pied » (hum), je me contente de pièces que j’ai déjà depuis des années, même si elles ne sont plus en excellent état (parce que H&M ou Zara ça n’est pas conçu pour durer autant de temps !). J’ai le projet de les revendre / donner / recycler depuis un moment car elles me compliquent la vie (question assortiment avec le reste de ma penderie ou question praticité), mais faute de mieux, pour le moment, je patiente. La clé je pense dans tous les cas c’est de vraiment bien réfléchir à l’achat et à sa pertinence sur le long terme si tu te tournes tout de même vers l’éthique (surtout avec un petit budget) : si tu fluctues en taille(s), jupe et pull pas serrés sont peut-être des pièces éthiques plus intéressantes à trouver pour le moment que jean et tee-shirt (par exemple, mais à chacun de faire sa tambouille). Chaque chose en son temps, et Rome ne s’est pas faite en un jour 😉

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      Romain
      7 mars 2018 at 15 h 14 min

      Peut-être qu’une autre solution est de chercher des modèles qui soient faciles à faire reprendre par une couturière (ou soi-même ?) lorsque c’est nécessaire ? Je ne sais pas combien cela coûte mais cela peut faire vivre l’artisanat local comme cela se faisait plus avant.

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        parenthesecitron
        7 mars 2018 at 15 h 22 min

        Belle idée, je n’y avais pas pensé au moment de rédiger cet article. Pourtant on l’avait abordée déjà ensemble, je me souviens 😉 C’est vrai que de faire rétrécir des vêtements cela peut fonctionner (il y a aussi des méthodes de lavage qui le permettent pour certaines matières il me semble, enfin à vérifier). Mais je peux comprendre que les coûts aditionnés soient disuasifs en matière de fringue éthique à haut budget ; par contre pour une fringue dénichée en friperie à laquelle il ne manquerait qu’un petit ajustement, c’est vrai que si l’on n’a pas les compétences (moi la première, même si le jour où on s’installe un peu plus je pense que je m’y mettrai !) ça peut être une bonne idée de faire appel à une couturière (entourage ou économie locale).

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    Marion
    7 mars 2018 at 14 h 48 min

    Et bien, même si toute cette arnaque marketing n’est finalement pas surprenante, ça n’en reste pas moins triste… au moins grâce à toi je suis déjà un peu plus éclairée sur les pratiques de fabrication, même si pour rejoindre d’autres personnes en commentaires je ne suis pas une grande consommatrice de vêtements ni à fort budget. Mais je commence à utiliser Vinted et c’est vrai que cette application est vraiment une bonne idée ! J’aime aussi aller sur les brocantes et les vide-greniers le week-end, je ne suis pas sûre que les vêtements soient toujours éco-responsables, mais pour en revenir au principe de Vinted qui est de recycler les vêtements, il y a souvent des affaires en or à… faire ! :p

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      parenthesecitron
      7 mars 2018 at 15 h 08 min

      Ah oui mais un vêtement de seconde-main, qu’il soit responsable ou pas peu importe dans la mesure où toi tu lui permets (et la personne qui a la bonne idée de le vendre) de prolonger sa vie. Qu’il ait gaspillé des ressources pour sa production ou pollué avant, au stade où toi tu le récupères ne change plus grand chose, et c’est forcément plus éthique que de consommer un nouveau produit fraîchement fabriqué. Vinted j’ai mis pas mal de petites choses en favoris, et jusque-là si vivre en Espagne m’avait un peu dissuadée, j’ai vu qu’il y a Mondial Relay de proposé donc ça doit pouvoir se tenter. Le seul hic c’est que quand le vêtement ne va pas, on doit à notre tour le revendre (ce qui se passe avec une robe que j’avais trouvée pour mon mariage et qui en fait ne me plaisait pas), et si en temps normal ça ne me pose pas forcément de problèmes, j’avoue qu’en ce moment avec tous les objets et meubles pour lesquels je dois déjà faire des annonces avant le déménagement, ça me dissuade très fortement. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de friperies où je vis (j’espère qu’à Boston le concept est bien implanté ! :D), parce que moi aussi je préfère ça à dépenser une fortune dans une fringue !

      Je donne quelques solutions pour ceux/celles qui en cherchent, mais ça ne veut pas dire que j’achète des vêtements en permanence, c’est même plutôt l’inverse… J’en achetais peut-être entre dix et quinze à l’année en temps normal (par phases, pas régulièrement du tout), ce sera bientôt réduit à rien du tout ou presque (je me laisse cette année pour trouver les pièces qu’il me manque, et après, terminé ! :D).

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    Lea
    8 mars 2018 at 2 h 13 min

    Merci pour ton article ! Tu m’as appris des choses dont je n’avais pas du tout conscience ! Et tu expliques très bien 🙂

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      parenthesecitron
      8 mars 2018 at 7 h 56 min

      Merci beaucoup pour ton commentaire, c’est très encourageant !

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    Gaetane
    8 mars 2018 at 9 h 44 min

    Je suis entièrement d’accord avec toi ! C’est assez rare de trouver quelqu’un qui pense la même chose à ce sujet : Chine pas forcément égal à non éthique (même s’il faut rester vigilent.e), boycott des marques de fast-fashion qui font du green-washing et de l’ethical-washing, … Bref je pense comme toi qu’il faut prendre son temps pour consommer de façon raisonnée. Je ne connaissais pas le label BCI, en même temps si ça concerne surtout les grandes marques, c’est normal, je ne m’y intéresse plus vraiment… N’hésite pas à venir discuter mode éthique, ça me ferait plaisir 🙂

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      parenthesecitron
      8 mars 2018 at 10 h 05 min

      C’est vrai que ce n’est pas très évident de trouver beaucoup de gens intéressés par ce sujet et conscients de sa gravité (j’ai l’impression d’être parfois un ovni, encore récemment…), mais je trouve que les consciences s’éveillent peu à peu (en ce qui me concerne ça ne remonte pas à aussi loin donc ça montre que peu à peu les choses pourront peut-être changer vraiment ?). J’avais entendu parler du BCI vaguement mais le reportage de Cash Investigation m’a donné envie de creuser un peu autour et de chercher à mieux comprendre. J’essaie d’informer quand quelque chose me touche, mais comme toi, pour le coup je ne me sens pas forcément concernée pour le coup car toute façon je ne consommais pas ou plus chez ces marques (et plus beaucoup ailleurs, anyway). Mais pour Bonobo et Esprit je trouve ça dommage dans le sens où avec un vrai label et des engagements plus transparents, cela aurait pu faire une vraie différence sur ce marché des  »grandes marques » (but business is business, dans un monde dirigé par l’argent j’ai du mal à croire que des marques aussi installées puissent devenir green et éthiques du jour au lendemain, ça demande forcément plus de temps que pour une marque qui se lance, ou qui existe à plus petite échelle). Avant de me renseigner plus sur le sujet du BCI, j’avais tendance à considérer ces deux marques comme une éventuelle alternative, que l’on retrouvait d’ailleurs sur d’autres blogs tournés vers des solutions éthiques (Mango & Salt, entre autres). Et au final, chez ces marques ce n’est pas mieux que la fast-fashion, voire limite pire vu qu’il s’agit quand même d’une sacrée hypocrisie… Donc dans ce genre de démarche, je crois que la clé c’est de chercher à se renseigner et à comprendre pour (tenter de) faire les meilleurs choix

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        Gaetane
        20 mars 2018 at 16 h 02 min

        Merci pour ton retour.
        Oui en effet, c’est peut être même pire…
        Je me suis surprise à remarquer le coton BCI maintenant sur certains e-shops, avant je n’avais juste pas fait attention je pense… Donc grâce à ton article, je sais à quoi m’en tenir. Merci !

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          parenthesecitron
          20 mars 2018 at 16 h 31 min

          Heureuse de pouvoir être utile !

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    prettylittletruth
    8 mars 2018 at 10 h 43 min

    Tres interessant cet article! J’eveite un maximum les marques de fast fashion et me tourne de plus en plus vers des marques ethiques ou des petites productions. 🙂

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      parenthesecitron
      8 mars 2018 at 10 h 46 min

      Merci ! Je pense aussi que les petites productions peuvent plus facilement maîtriser (avoir un regard sur) l’ensemble de la chaîne de production. Ce n’est pas automatique mais beaucoup plus facile à trouver / vérifier et il est aussi plus facile de les contacter pour avoir plus d’infos si besoin

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    Ornella
    8 mars 2018 at 19 h 14 min

    Très intéressant ton article !

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      parenthesecitron
      8 mars 2018 at 19 h 17 min

      Merci !

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