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Italie

24h à Matera, dans le sud de l’Italie

Pour vous raconter notre voyage dans le Sud de l’Italie réalisé dans le courant de l’automne 2023, j’ai choisi de diviser le périple en 3 articles + 1 bonus :

  • le nord des Pouilles
  • le sud des Pouilles
  • Matera (cet article-ci)
  • un condensé 100% argentique de l’ensemble des 3 premiers articles (je sais que vous êtes de plus en plus nombreux à consulter mes articles traitant de l’argentique, et comme j’avais pas mal de photos de ce voyage et des anecdotes sympas à évoquer, c’était plus simple de le faire dans un article dédié !)

Raconter Matera. Les impressions restent assez fortes pour retranscrire ce que l’on a vécu là-bas, peut-être même avais-je personnellement besoin qu’elles s’atténuent un peu pour trouver les mots justes. 

La ville est incroyable, tout simplement unique. Composée d’étages enchevêtrés et creusés à flanc de roche, Matera est un royaume troglodytique qui se laisse apprivoiser doucement, au fil des escaliers et des ruelles. Nous avons fait ce que je recommande pour en découvrir le charme sans pollution informative aucune, pour commencer : la parcourir au hasard des rues.

Nous avons marché longtemps d’un quartier à l’autre, et notamment au cœur des fameux Sasso Barisano et Sasso Caveoso ; nous avons monté une multitude de marches, nous en avons descendu un bon nombre aussi. Seulement le soir, de retour dans notre logement, nous avons cherché à en apprendre davantage sur la ville.

L’histoire de la ville

Aux origines

Matera possède une histoire unique et étonnante, de par la façon dont elle s’est construite dans et autour des roches, et également pour ce qui concerne l’énorme réservoir situé sous la ville. Les Sassi qui aujourd’hui attirent de nombreux touristes ont pourtant longtemps été laissés à l’abandon, dans un état difficilement imaginable aujourd’hui…

Construite il y a plus de deux millénaires (rien que ça, il y a de quoi avoir le vertige !), la partie que l’on appelle la Gravina, située à flanc de falaise, a été le point de départ d’une ville d’environ 60 000 habitants aujourd’hui, dont les strates architecturales sont autant de vestiges de chaque époque. Les églises rupestres s’y sont multipliées et ont été rejointes par les monastères, églises gothiques et par une cathédrale au Moyen-Âge, elles-mêmes complétées par des églises baroques durant la Renaissance.

Au gré des siècles, la population s’est agrandie, et c’est cette croissance qui s’est révélée être à l’origine de nombreux problèmes d’insalubrité (au point que la Matera d’après-guerre devienne une « honte nationale », d’après les mots d’un ministre). Les habitations de parfois à peine 20 m² et souvent structurées en une seule et unique pièce étaient habitées par des familles nombreuses, sans eau courante ni électricité… Un plan urbain a incité à une évacuation et relocalisation, mais il a fallu encore attendre plusieurs décennies pour qu’une démarche de restauration soit vraiment mise en œuvre.

Et de nos jours ?

De manière paradoxale, ce patrimoine d’une richesse historique folle a attiré l’œil (et la protection) de l’Unesco assez tardivement, en 1993. Le plan urbain qui prévoyait de reloger dans les Sassi les habitants qui en avaient été évacués a apparemment en partie échoué, le secteur du tourisme ayant finalement rapidement mis la main dessus (chambres d’hôtes, habitations secondaires et lieux de restauration). Matera ayant été Capitale Européenne de la Culture en 2019, elle semble évidemment avoir pris une revanche par rapport à la ville hantée qu’elle a manqué de peu de devenir, mais pour les italiens, manque peut-être un peu d’habitants « authentiques » (même si nous avons eu le sentiment d’en croiser pas mal).

À noter : Matera ne fait plus partie des Pouilles depuis le XVIIème siècle, mais de la région Basilicate 😉


Matera, un ravissement aussi la nuit

Le soir venu, ressortir pour une balade plus fraîche et éclairée parfois sommairement, mais magnifiquement, m’a laissé un souvenir brûlant.

Au gré de nos bifurcations, nous nous sommes trouvés nez-à-nez avec l’église San Pietro Caveoso, un édifice du XIIème siècle grandement remanié au XVIIème dans un style baroque, et où j’ai admiré architecture, peintures murales (et au plafond), d’ailleurs parfois à moitié estompées par les années. Les chants en fond sonore soutenus par une armada de violons m’ont submergée d’une émotion intense. Je n’avais jamais ressenti quelque chose de similaire en visitant une église, ni aucun autre lieu d’ailleurs. Ce voyage parfait (commencé dans les Pouilles), la beauté de cette balade en amoureux et des lieux parcourus, le cumul des sensations gustatives des jours précédents, la sensation (paradoxale) d’être à ma place quand je voyage, tout s’est retrouvé convoqué en même temps entre cœur et esprit, comme le point d’orgue des derniers mois assez denses mais beaux qui venaient de s’écouler.

J’ai mis des mots là-dessus un peu plus tard en pensant évidemment au fameux syndrome de Stendhal, mais dans une version légère (joie intense et émotion presque assommante, mais pas de symptôme foncièrement pathogène comme il est connu que certains peuvent en faire l’expérience à Florence notamment). C’est en tout cas quelque chose d’inoubliable, d’assez compliqué à raconter, mais qui restera forcément pour moi rattaché à la beauté de cette ville. J’avais pris les photos ci-dessus avant et heureusement, car je n’en ai plus été capable ensuite.


Quelques bonnes adresses

Comment vous laisser sans bonnes adresses à Matera, alors que nous y avons apprécié plusieurs d’entre elles ?

Dormir : Ai Terrazzini (Ecoverticale)

Notre arrivée à Matera a été une excellente surprise, grâce au choix de notre logement, qui possédait une vue superbe et le charme très typique des habitations locales (une sorte de grotte avec de magnifiques voutes).

Nous y avons dîné de produits dénichés en épicerie sur une petite terrasse privée, et avons apprécié notamment pouvoir y admirer tranquillement le coucher de soleil. Le lendemain, le buffet petit déj très complet et varié, garni de produits locaux, comprenait également une sélection sans gluten (un peu moins locale mais qui avait le mérite très appréciable d’exister). 

Adresse

Déguster une glace : I Vizi degli Angeli

En ressortant une fois la nuit tombée dans les rues de Matera, nous avons eu envie d’une glace (la seule et unique du séjour, mais double, comme on ne le fait pourtant jamais). Nous avons porté notre choix sur I vizi degli Angeli et c’était l’excellence même, des saveurs incroyables qui manquent déjà à mon palais. J’avais opté pour stracciatella et amande amère, heureusement toutes deux sans gluten (y compris le cornet !), et c’était un régal (Romain avait pris pistache et une autre saveur dont je ne me souviens plus, et a tout autant savouré que moi). 

Boire un Spritz et/ou déguster un « materamisu » : Oi Mari

Avant de partir de Matera, après une bonne balade à nouveau le lendemain, nous avons décidé de chiller en admirant la vue : Materamisu (tiramisu revisité) pour Romain, et Spritz pour moi. 


Voilà, j’espère avec cet article vous avoir apporté un peu d’informations au sujet de Matera, et pourquoi pas, vous avoir donné envie de la découvrir par vous-mêmes ! 

A propos

Hello et bienvenue ! Photographe spécialisée dans le mariage et la famille (@poesieboheme), je suis aussi blogueuse sur les thématiques du voyage et du slow living. J'aime révéler la poésie du quotidien à travers mes photos et savourer les moments simples. Après quinze ans de pérégrinations dont un peu plus de 5 à l'étranger, j'ai fini par poser mes valises à Montpellier.

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