Découvertes

Anne with an « E », une série Netflix méconnue

27 mars 2018
Netflix - Anne with an E

Il y a peu, je suis tombée un peu par hasard sur une série Netflix qui m’a replongée d’un coup dans mes souvenirs. Il a suffi d’un nom (Anne with an « E ») et d’une capture de la série (une ado rousse avec des tresses) pour que cela fasse « tilt ». Non, il ne s’agissait pas de Fifi Brindacier, autre rousse à tresses, mais d’Anne de la maison aux pignons verts, le personnage de roman dont j’avais la collection quand j’étais gamine / ado (il s’agit d’une histoire en plusieurs tomes), et qui est une véritable référence outre-atlantique. Fifi Brindacier et Anne partagent de nombreux points communs au-delà de leur physionomie (il s’agit en effet de deux personnages très libres et néo-féministes), mais j’étais plutôt heureuse de voir qu’il s’agissait d’une série sur Anne, ayant toujours préféré cette histoire.

J’ai donc dévoré la première saison d’Anne (with an « E ») en Vost-fr en deux soirées alors que l’amoureux était en conférence aux Etats-Unis, et l’ai regardée à nouveau en Vost avec lui à son retour. A ce stade, inutile de préciser que j’ai adoré ! J’ai été surprise de voir que si la série a eu un peu de succès aux Etats-Unis et au Canada, on en a très peu (voire pas du tout) entendu parler en France (ou Espagne). C’est dommage car c’est sans conteste l’une des meilleures séries que j’aie pu voir ces dernières années. La saison 2 semble avoir été confirmée et tournée à l’automne dernier, il semblerait qu’elle sorte en mai prochain. Si le sujet vous intéresse, vous avez donc tout le temps de voir la première saison avant et de prendre le train en marche ! 😉

Netflix - Anne with an E

@Netflix – Anne with an E

Anne, la maison aux pignons verts

Anne, la maison aux pignons verts, ou Anne of Green Gables en langue originale, est un roman de Lucy Maud Montgomery qui a eu un impact fort sur la littérature canadienne anglophone (au même titre là-bas que Heidi, Les 4 filles du Docteur March etc.). Il y a une suite, et même plusieurs suites à ce livre, puisqu’il constitue en réalité le premier tome d’une série de 6 ouvrages.

Un livre multi-générationnel

Ce premier livre a rencontré un succès international (50 millions d’exemplaires aujourd’hui pour une oeuvre traduite en 20 langues). Au Japon, il a même intégré le cursus scolaire en tant que lecture obligatoire. A l’origine, Anne of Green Gables n’était pas destiné particulièrement à des enfants, mais aujourd’hui on trouve ce livre dans ce rayonnage-là, bien que le contenu n’en soit pas spécialement enfantin. Le ton et la langue sont en effet abordables pour des enfants, mais les thématiques et sujets abordés trouvent d’avantage de raisonnance chez un adulte.

J’en ai pris conscience en visionnant la série, c’est pourquoi j’ai décidé de relire ces livres (au moins les 2 ou 3 premiers tomes). Je me le garde comme un petit plaisir pour mon arrivée à Boston à la fin du mois de mai prochain, car j’ai repéré cette édition en anglais qui a l’air juste magnifique (jadore les illustrations de Rifle Paper Co.) Je préfèrerais trouver ce livre en anglais histoire d’en profiter pour travailler la langue (même si cela promet de nombreux va-et-vients avec un dico, s’agissant de vieil anglais), et d’occasion si possible (ce sera donc plus facile là-bas).

Quelques mots sur l’auteur et le contexte d’écriture : Lucy Maud Montgomery a été élevée par ses grands-parents maternels car sa mère est morte alors qu’elle n’avait que quelques mois et son père a refusé de l’élever. Son histoire ainsi que les pignons verts de la maison de ses grands parents ont directement inspiré ce récit, entamé dès son adolescence. Ce n’est que bien plus tard cependant qu’elle s’en est servi pour écrire le premier tome des aventures d’Anne, publié en 1908.

L’histoire en quelques mots

Le personnage d’Anne est celui d’une orpheline à l’imagination débordante et au débit de paroles abondant. Anne est très romanesque, indépendante et avide de liberté. Elle rêve d’enfin appartenir à une famille, elle qui a tournoyé entre orphelinat et différents foyers afin de servir de domestique. Elle a 11 ans (13 dans la série) lorsqu’elle arrive chez Matthew et Marilla Cuthbert, un frère et une soeur s’occupant d’une ferme. Problème, les Cuthbert avaient souhaité adopter un garçon pour que Matthew ait de l’aide à la ferme. Ils ne s’attendaient donc pas du tout à l’arrivée d’Anne, c’est pourquoi Marilla ne souhaite pas la garder. Le reste, à vous de le découvrir. A travers ces livres, on suit Anne sur l’intégralité de sa vie.

Netflix - Anne with an E

@Netflix – Anne with an E

I’m so glad I live in a world where there are Octobers. (Anne)

Anne (with an « E »), la série sur Netflix

Si vous souhaitez voir cette histoire portée sur écran, la série de Netflix dont la saison 1 a paru en 2017 devrait vous ravir. Les images sont superbes (la photographie de cette série est tout simplement incroyable), que ce soit au niveau de l’originalité des plans, du traitement des couleurs ou de l’esthétique globale des scènes. Les acteurs sont tellement bons qu’on s’attache aux personnages en l’espace d’un épisode, ça aussi j’ai forcément apprécié (j’aime bien ressentir une forme de manque à la fin d’une saison, ou plutôt une forme de « hâte » à retrouver les personnes pour une nouvelle saison). L’épisode 1 est peut-être au final le moins excitant de toute la saison, qui prend de plus en plus de rythme au fil des épisodes.

Le cadre (Ile-du-Prince-Edouard, Canada) et l’époque de l’histoire (XIXème / XXème) apportent une touche très dépaysante visuellement et paraissent très crédibles et documentés, rien n’est laissé au hasard. Une grande place est faite à la nature, ce qui est normal puisque le personnage d’Anne y accorde elle-même une très grande importance dans sa vie. Au fil des épisodes la série offre des scènes vraiment très travaillées et esthétiques, je pourrais la regarder une troisième fois juste en me concentrant sur ce point.

L’histoire semble traitée de manière un peu plus sombre que dans les livres, le trait politico-social est un peu plus épais sans pour autant trahir les souvenirs que j’ai de l’histoire. [Je viendrai faire un édit sur cette partie de l’article si j’ai quelques remarques à faire après relecture des livres.] La personne en charge du scénario ayant elle-même dit avoir relu l’histoire avec des yeux d’adultes et simplement traduit ses impressions à l’écran, je ne m’attends pas forcément à voir beaucoup de différences entre le roman et la série, mais peut-être davantage entre ma perception du roman à l’époque et l’actuelle (forcément plus profonde).

Netflix - Anne with an E

@Netflix – Anne with an E

Au-delà du Canada rural de la fin du XiXème / début du XXème siècle extrêmement bien dépeint, la série aborde (de manière plus ou moins prodonde) aussi de nombreuses thématiques : le conservatisme / le féminisme naissant, les différences sociales et religieuses, le harcèlement (scolaire), l’importance de la poésie, de la littérature et de l’imaginaire pour s’évader du quotidien, la place (contestable) de l’enfant au sein de la société, l’intégration au sein de la société quand on ne souhaite pas en suivre aveuglément tous les « codes »…

En faisant quelques recherches, j’ai vu que l’histoire avait déjà été portée sur écran en 1985 : l’avais-je vu enfant ? J’avoue que je ne me souviens plus, et les extraits vus sur YouTube ne m’ont pas donné plus envie que ça de voir ces téléfilms et d’en avoir le coeur net, dans la mesure où l’image a très mal veilli (que ce soit l’apparence physique des personnages, un peu trop poussive à mon goût pour figurer le début du XXème siècle, ou la photographie, qui m’a laissée de marbre).

J’espère pour ma part que la saison 2 arrivera vite, et n’hésitez pas à partager vos impressions si vous avez vu cette série ou si mon article vous a donné envie de la voir (ou de lire les livres, l’un n’excluant d’ailleurs pas l’autre) !

Hola! Moi c’est Fanny, 29 ans. J’adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Je vis en Espagne (Donostia – San Sebastián) depuis plus de 3 ans et déménage fin Mai à Boston (USA) pour de nouvelles aventures !




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    Marion
    27 mars 2018 at 9 h 31 min

    Coucou Fanny ! Je t’avoue que j’ai vu la vignette de cette série (que je croyais en fait être un film) sur Netflix, passer à côté de nombreuses autres vignettes de nombreuses autres séries. Et la vignette seule ne m’a pas attirée outre mesure, j’avoue avec honte ne même pas avoir au moins survolé la description. Mais maintenant que je lis ton article, je me dis que je suis passée à côté d’une sacrée chouette série (et livre), moi qui adorais pourtant la crinière rousse de Fifi Brindacier étant plus jeune. Je vais m’y mettre de ce pas ! Merci beaucoup de m’avoir remis sur le chemin de cette série ! 🙂

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      parenthesecitron
      27 mars 2018 at 9 h 37 min

      Il en faut pour tous les goûts, peut-être que ça ne fera pas l’unanimité, mais ayant adoré je ne me voyais pas ne pas en parler J’espère que ça te plaira !

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    Angelique
    27 mars 2018 at 12 h 31 min

    Coucou! Je découvre ton blog via cet article, j’avais vu la vignette de la série en fouinant sur Netflix, tu m’as convaincue avec ton article! Hop, à regarder dès que possible!

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      parenthesecitron
      27 mars 2018 at 13 h 56 min

      Chouette, j’espère que la série te plaira ! N’hésite pas à revenir me donner ton avis

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    Florence S.
    27 mars 2018 at 18 h 42 min

    Une des raisons qui peut avoir freiner le succès de cette formidable série dans les pays anglo-saxon et ailleurs c’est l’énorme résistance de la part de ceux qu’ont pourrait qualifié de « puristes » car cette version n’est pas totallement fidèle au livre. Et il y a ceux qui veulent rester loyaux à tout prix à la version plus traditionnelle de 1985 avec Megan Follows soit par une sorte de fanatisme presque religieux ou tout simplement par crainte que la nouvelle AnnE occulte totalement l’ancienne et tous leurs merveilleux souvenirs d’enfance. Certains sont d’une étonnante violence et ne tolèrent aucune opinions positives sur Anne with an E.
    C’est quelquefois amusant, par exemple la lutte entre les « lovers » et les « haters » sur Rotten Tomatoes, des notes de ½ par les haters (impossible de mettre 0 sur ce site) et presque systématiquement 5, la note maximale, par les lovers pour compenser. Sur Youtube c’est 30 pour 1 favorables à AnnE with an E mais les défavorables, des adultes en général, peuvent se montrer très intolérents, amers et impolis. Très étonnant quand on pense aux messages véhiculés par ces bouquins.

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      parenthesecitron
      27 mars 2018 at 19 h 53 min

      J’ignorais totalement ça et c’est une mentalité qui me dépasse… Je comprends qu’on puisse être attaché à une version plus ancienne et nostalgique de son contenu, mais ça ne devrait pas empêcher toute once d’objectivité non plus dans le regard posé sur la nouvelle version. J’ai parfois du mal à préférer ou apprécier pleinement une version plus récente mais ça ne me viendrait pas à l’idée de rentrer dans une sorte de guerre pour ça, ça me passe franchement au-dessus…

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        Florence S.
        27 mars 2018 at 20 h 57 min

        Désolé pour les fautes mais le français est ma deuxième langue.

        La lutte souterraine entre les « lovers » et les « haters » dans les pays anglophones (j’habite au Canada) était surtout le fait que ceux qui aiment cette série avaient peur que l’opinion tranchée de ceux qui détestent et qui souhaitaient le contraire empêche le tournage d’une saison 2. Netflix a été long a annoncer celle-ci.

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          parenthesecitron
          27 mars 2018 at 22 h 04 min

          Ah oui je comprends mieux ! C’est vrai que ce serait dommage de ne pas avoir d’autres saisons… La 2 est prévue pour mai, non ?

          • Florence S.
            28 mars 2018 at 0 h 20 min

            Je ne sais pas exactement, le tournage vient à peine de se terminer, il y a quelques jours.

            P.S. Le cadre de l’histoire de Anne est plutôt P.E.I (Prince Edward Island), la plus petite province du Canada.

          • parenthesecitron
            28 mars 2018 at 21 h 03 min

            En effet, je ne sais pas de quelle confusion me vient cette erreur… Je corrige, merci ! 😉

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    Game of Beauty
    30 mars 2018 at 0 h 11 min

    Bonsoir,
    J’ai beaucoup aimé ton article. J’ai regardé la série il y a plusieurs semaines et j’ai beaucoup aimé.
    Je me souviens quand j’étais petite je regardais la version de 1985 avec Megan Follows, elle passait sur M6 dans La saga du dimanche.
    J’ai hâte de voir la saison 2.

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      parenthesecitron
      30 mars 2018 at 0 h 18 min

      Je pense quand même essayer de la voir cette version de 85, si je la trouve !

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        Game of Beauty
        2 avril 2018 at 0 h 23 min

        Elle est excellente. Pour l’instant je la préfère à la version de Netflix (même si cette dernière est très bien). ça m’a donné envie de la regarder de nouveau, je crois qu’elle est disponible sur youtube en français.

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          parenthesecitron
          2 avril 2018 at 0 h 48 min

          Ah chouette, j’irai voir ça ! La VO ne me dérange pas ceci dit, d’autant qu’améliorer ma maîtrise de l’anglais devient un besoin urgent

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    ninonptrs.fr
    4 avril 2018 at 14 h 42 min

    Hello ! Merci beaucoup pour cette belle découverte 🙂 Je n’ai jamais entendu parler de cette série, mais ton article m’a donné envie ! Je vais la mettre dans ma liste de série à voir !

    Ninon

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      parenthesecitron
      4 avril 2018 at 14 h 48 min

      J’espère qu’elle te plaira ! 🙂

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    Au fil des pages
    14 avril 2018 at 9 h 32 min

    Je suis absolument dingue de cette série!! J’adorerais que les livres soient réédités, car ici, en belgique, impossible de les trouver 🙁

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      parenthesecitron
      14 avril 2018 at 10 h 10 min

      Ah mince ! Et sur un site de librairie française ? J’ai commandé en anglais la version dont je parle dans l’article pour mon retour en France en mai, ça me fera une préparation sympa à l’immersion qui m’attend fin mai 🙂

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