Quotidien

Réapprendre à profiter de la musique… en vinyle !

9 juillet 2018

A l’heure de la musique dématérialisée, bien pratique pour emporter ses morceaux préférés partout avec soi voire les faire écouter à d’autres tout en allégeant les déménagements, j’ai malgré tout eu envie d’un petit saut dans le passé.

Si j’ai connu la K7 audio et même l’enregistrement de compilations personnalisées à partir d’une radio ou d’une autre K7, j’ai vite été happée par l’industrie du « compact disc », un format qui a explosé dans les années 90 mais qui se retrouve aujourd’hui bien délaissé. La cause ? Sa praticité est devenue moindre que les avantages procurés par son successeur, le .mp3 (ou .flac pour les audiophiles), et l’on constate en parallèle de la dématérialisation de plus en plus effective de la musique un retour au vinyle. Mais oui, vous savez, cet ancêtre dont la seule vue peut être chargée d’émotions pour certaines générations, ces fameuses rondelles obscures qui existent en deux formats : 33 tours pour les LP (Long Play) et 45 tours pour les singles (entre les deux, on trouve aussi des EP pour Extended Play).

Génèse d’une attraction

Mon envie d’écouter des vinyles remonte à plusieurs années (au moins 4 ou 5) mais je l’avais jusque là toujours repoussée, attendant d’être « posée » de manière stable pour investir temps (de recherche de disques) et argent. J’avais aussi des scrupules à racheter certains CD et donc avoir des possessions en doublons.

Si vous avez suivi le blog ou mon compte Instagram ces dernières années vous aurez constaté que la stabilité géographique ne semble pas pour demain ; lasse de sans cesse repousser, j’ai décidé de succomber à la tentation (mais raisonnablement). Pour ne pas me contenir encore à cause de l’aspect « doublon » de certains albums, à l’occasion de notre déménagement d’Espagne j’ai vendu et donné les 3/4 de nos CD, ne gardant que ceux qui possèdent un joli packaging cartonné ou ceux qui sont trop rares pour être retrouvés autrement (car achetés à un concert, par exemple). Il m’en reste aussi une petite pile en France qui attend d’être vendue, je m’en occuperai à mon retour.

Notre installation « vinyle » (sommaire)

Notre chaîne hifi bien-aimée est bien sûr restée en France…

Environ 15 jours après notre arrivée à Boston (on attendait d’avoir une adresse plus durable), nous avons acquis un petit speaker (bluetooth) pour pouvoir écouter de la musique sans trop renier sur la qualité (en comparaison des haut-parleurs de nos PC) mais sans trop d’encombrement, car nous n’avons que très très peu de place (pour l’instant une chambre, nous espérons dans deux mois un studio). Nous avons choisi le GGMM E5, et il faut admettre qu’il a un son très correct (surtout pour sa taille) modifiable grâce à deux boutons equalizer (aigus et basses), et qu’il se révèle très pratique dans notre situation (fonctionnement bluetooth très rapide et facile, prise auxiliaire, wifi -même si pour l’instant on n’est pas en mesure de s’en servir car on ne dispose pas d’un wifi personnel…). Bien sûr, on est loin de la qualité de notre Denon D-F109, mais que l’on considère l’encombrement ou le budget, rien n’est comparable de toute façon.

A nouveau 15 jours après cette acquisition, je craquais enfin pour notre première platine ! Nous avons gardé un budget très raisonnable (facilité en outre par une promotion que je n’avais pas anticipée) car il nous faudra la revendre à notre départ, dans un an ou plus. Nous n’avons en effet aucun intérêt à la rapporter en France dans la mesure où elle ne peut se brancher que sur du 120 volts et possède une prise américaine (en plus d’avoir un encombrement un peu trop grand pour une valise et de nous faire risquer des frais de douane).

La platine en question est une Sony LX300USB (nous n’avions pas d’intérêt particulier pour l’USB, c’était simplement le meilleur rapport qualité-prix pour le budget considéré – mais qui sait, nous nous en servirons peut-être pour conserver certains vinyles que nous devrons laisser aux USA à notre départ ?).

Après l’achat d’un câble RCA femelle / jack 3.5, nous avons pu commencer à en profiter grâce à un album que nous avions acheté en février dernier à un concert. Par la suite, j’ai commencé à dégoter ça et là quelques vinyles. L’idée reste cependant de ne pas trop s’encombrer car encore une fois, nous gardons en ligne de mire le départ des USA. On s’est donc fixé un maximum de 10 vinyles à déménager. Cela n’empêche pas d’en avoir peut-être un peu plus pendant que l’on vivra ici, mais quoiqu’il arrive, il faudra être capable de faire une sélection à la fin (cela raisonne donc les achats et c’est très bien). Nous nous concentrons donc sur les LP, plus intéressants à nos yeux.

Le charme du vinyle

Entre la recherche d’une pépite chez un disquaire (penché(e) sur les nombreux bacs à l’a recherche d’une aubaine), le parcours de notre « discothèque » à la recherche de l’album correspondant à notre humeur, la saisie de celui-ci pour le sortir délicatement de sa pochette, la dépose sur la platine et la manipulation minutieuse de la tête de lecture avec le diamant, nombreux sont les moments qui donnent beaucoup de charme à l’écoute de vinyles.

A travers ces gestes, ces phases de préparation et de « pauses » (quand on passe de la face A à la face B), j’ai en effet le sentiment de me reconnecter pleinement à la musique tout en profitant d’une qualité très agréable. Elle est déjà très agréable même avec le matériel simple que j’évoquais plus haut, mais comme ce n’est pas sur un speaker qu’un vinyle dévoilera toute la chaleur de sa musique, je n’ose imaginer le rendu quand je renouvellerai l’expérience en France sur du matériel plus qualitatif !

Parmi les atouts du vinyle, il y a aussi, dans le cas de ceux que l’on chine et qui ont quelques dizaines d’années d’existence, un petit craquement singulier qui donne encore plus de chaleur et d’authenticité à la musique.

En ce qui concerne le packaging, c’est un réel bonheur de tenir dans ses mains un tel objet, d’autant que certains vinyles sont vraiment superbes. J’ai découvert certains détails imprimés sur les pochettes (paroles, remerciements, anecdotes…) auxquels je n’avais jamais eu accès numériquement, et en ça, j’ai retrouvé le plaisir que j’avais déjà à l’utilisation de CD. Ce que j’apprécie avec cette forme « concrète » de la musique, c’est que la pochette est en général un témoin très représentatif de son époque (style de la photo, de la « mise en page », de la typo, des dessins…) et à la fois, elle est un véritable relais de l’univers d’un artiste / groupe. Quel considération y attribuons-nous lorsqu’on lance de la musique numériquement, aujourd’hui ?

Où acheter des vinyles ?

Si vous recherchez des albums sortis dans les années 50 à 80, il est possible de les chiner à bas coût dans les brocantes, vide-greniers ou marchés vintage, chez les disquaires (sauf albums « cultes » qui sont très vendus quel que soit le tarif et font donc la joie des disquaires…)  ou encore dans certains magasins proposant des articles d’occasion.

En ce qui concerne les vinyles récents (et donc neufs, car il est encore assez compliqué de les dénicher d’occasion), il est possible de les trouver chez certains disquaires (voire éventuellement de leur passer une commande s’ils ne l’ont pas en rayon), ainsi que dans des magasins culturels de type Fnac et Cultura (j’en ai vu également chez Urban Outfitters aux États-Unis, mais je n’ai aucune idée de l’achalandage en France, je ne sais même pas si on y trouve cette enseigne, pour tout vous dire…).

Les années 90 à 2000 correspondent malheureusement à une sorte de « trou » puisque il s’agit des années fastes pour le « compact disc », ce qui a mis un frein à l’édition vinyle avant que le CD ne se fasse lui-même devancer en termes de ventes par le format .mp3 (et autres formats numériques). Certains albums ont connu récemment une réédition parfois même remastérisée, mais cela reste globalement encore assez compliqué d’en trouver de ces décennies-là. En ce qui concerne les années 2010, certains artistes ou certaines maisons de disque ont senti de nouvelles opportunités avec le retour du vinyle parmi différentes générations (même très jeunes), il y a donc fort à espérer que la donne change au fur et à mesure que grandira leur intérêt, et que des albums plus anciens jamais édités sur ce support finissent par l’être.

Si vous préférez l’achat en ligne, un site est particulièrement réputé dans le domaine : discogs. Il s’agit d’une sorte de market place et il est possible de trouver toutes sortes de supports musicaux (CD, vinyle, K7…) et même vidéo, pour des disques anciens comme neufs. L’état y est précisé à chaque fois : (M) signifie Mint, dans absolument parfait ; (NM) pour Near Mint (parfait) ; (VG+) pour Very Good + ; (VG) pour Vergy Good ; (G) pour Good ; (P) pour Poor et (F) pour Fair. Bien sûr, le prix varie en fonction de la rareté de l’objet et de son état.

Enfin, il est également possible d’en trouver sur Amazon, je le cite car cela peut se révéler pratique, mais je préfère pour ma part enrichir un disquaire faisant vivre l’âme du vinyle et donnant accès à de jolies merveilles, surtout quand il prend le temps de renseigner ou de chercher à nos côtés. Un disquaire est quelqu’un d’humain qui parfois n’hésite pas à offrir un disque qu’il juge trop abîmé pour être vendu (j’ai eu « Sounds of Silence » de Simon & Garfunkel ainsi, pourtant l’album fonctionne très bien – aucun saut malgré les nombreuses rayures). C’est commercial, oui sans doute, mais Amazon aussi et les avantages sont à mes yeux nettement moins chaleureux 🙂

Bon à savoir

Pour les vinyles récents achetés neufs, il est souvent possible de télécharger gratuitement les .mp3 grâce à un lien et à un code unique communiqués à l’intérieur de la pochette : c’est pratique pour qui veut continuer de profiter de ses dernières acquisitions numériquement (en voyage par exemple).

record store

@pixabay

Acheter des vinyles à Boston

Il y a un nombre impressionnant de disquaires à Boston / Cambridge, et j’ai pour l’été la chance d’être relativement assez proche de la majorité d’entre eux.

  In your Ear Records 

35 ans au compteur pour la boutique d’Allston, et une autre boutique vers Harvard. Une vraie caverne d’Ali Baba quelle que soit la localisation.
72 Mt Auburn St # A, Cambridge, MA 02138

  Cheapo Records

Accueil super sympa (et c’est là qu’on m’a offert un vinyle). Mon autre caverne d’Ali Baba, on peut y dénicher absolument de tout !
538 Massachusetts Ave, Cambridge, MA 02139

Somerville Grooves
Boutique cool et pas mal achalandée !
26 Union Square, Somerville, MA 02143

  Armageddon Shop

Boutique orientée plutôt vers le rock, l’indie et le métal.
12 Eliot St B, Cambridge, MA 02138

Planet Records
Boutique sympa qui mérite le détour.
144 Mt Auburn St, Cambridge, MA 02138

Stereo Jack’s Records
Pas énormément de références, mais qui sait, peut-être y trouverez-vous votre bonheur ?

Blue Bag Records
La seule que je n’ai (à ce jour) pas visitée…
2325 Massachusetts Ave, Cambridge, MA 02140

records

@pixabay

Conclusion

Revenir à l’écoute d’un vinyle, c’est un peu revendiquer une slow-consommation de la musique, finalement : avoir envie de ralentir, de réellement profiter d’une écoute au lieu de laisser la musique « meubler le silence » pendant que l’on fait autre chose, réapprécier pleinement l’instant présent et bien sûr, redécouvrir des albums dans leur intégralité (habitude qu’à cause de Spotify, j’ai beaucoup perdue), avoir envie d’écouter un artiste juste parce que l’on a été attiré(e) par la beauté d’une pochette, réattendre avec impatience la sortie physique d’un disque et se ruer chez le disquaire le jour J (en refusant toute écoute numérique préalable parce que les mp3 sont disponibles plus tôt ou que l’album a fuité, comme malheureusement cela arrive beaucoup pour les opus très attendus)…

Il faut bien évidemment accepter certaines contraintes, comme devoir changer de face toutes les 20 minutes en moyenne (j’en profite personnellement pour m’obliger à reposer mes yeux de l’écran et faire quelques mouvements, je trouve cela plutôt bénéfique), en sachant qu’il y a parfois jusqu’à 4 faces pour les live ou les impressions plus récentes ; utiliser un support et un appareil bien plus fragiles qu’un lecteur cd ou lecteur .mp3 ; ne pas forcément trouver l’album souhaité car il n’existe tout simplement pas sous ce format.

Ces détails, qui seront de réels obstacles pour certains, font à mes yeux partie des éléments qui contribuent à me reconnecter émotionnellement à la musique. Je ne renonce pas pour autant à la musique dématérialisée (j’utilise toujours énormément Spotify), mais mon besoin de qualité et d’authenticité se trouve pleinement satisfait par cette alternative « vintage ». Il s’agit donc pour moi de compléter mon approche de la musique, ou plutôt, de la rééquilibrer, pour ne plus simplement écouter des playlists en mode aléatoire ou lancer froidement un album en ayant vu la pochette un tiers de seconde sur l’ordinateur ou le mobile… Le vinyle pour remplacer mes .mp3 et .flac, non, mais pour les complémentariser et m’offrir de belles heures d’écoute, 100% oui !

Avez-vous pour votre part l’habitude d’en écouter, voire même d’en collectionner ? Le vinyle vous rappelle-t-il des souvenirs ?

Hi! Moi c’est Fanny, 29 ans. J’adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Aprés avoir vécu en Espagne (Donostia – San Sebastián) pendant plus de 3 ans, j’ai déménagé fin Mai à Boston (USA) pour de nouvelles aventures !




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    Ornella
    9 juillet 2018 at 19 h 49 min

    Comme je te comprends, j’ai acheté une valisette avec un tourne-disque dedans y a quelques années, pour la beauté vintage et de l’objet d’abord et du coup, je redécouvre le privilège écouter cette musique crépitante. On a les mêmes goûts ! 🙂

    • Réagir
      parenthesecitron
      9 juillet 2018 at 19 h 59 min

      Hé hé 😉 Tu recommandes l’écoute de certains disques en particulier sur ce format ?

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