Focus sur quelques blockhaus de l'Ile de Ré • Parenthèse Citron
Ile de Ré

Focus sur quelques blockhaus de l’Ile de Ré

24 janvier 2018
blockhaus fanny herta ile de ré

Une série photo ayant pour sujet les blockhaus de l’Île de Ré me tente depuis longtemps, mais j’avoue qu’entre l’axe particulier à trouver (je consacrerai un article-astuces aux séries photo dans quelques temps) et la réalisation des clichés, faire une série conséquente demande du temps. Si l’on ajoute à ça le nombre de blockhaus sur l’île de Ré (plus de 100, sur les quelques 300 originellement construits), on comprend que cela ne se fasse pas en une journée.

Cependant l’urgence se fait de plus en plus pressante, car plusieurs d’entre eux ont été détruits ces dernières années à cause de leur glissement sur la plage et de la gêne écologique qu’ils entraînent (un affaiblissement et une érosion plus rapide des falaises). J’en avais d’ailleurs parlé dans mon article de l’été dernier, et on peut en apercevoir aussi dans cet article datant de 2014 (avec des photos prises à Noël 2012 – quand je dis que mon obsession remonte à longtemps !). Ce sont d’ailleurs, pour ces deux articles, des blockhaus ayant été détruits (je suis heureuse d’avoir, même par pu hasard, shooté ceux-là en premier…).

Je ne saurais dire ce qui m’attire dans ces structures de béton au passé tumultueux, mais cela fait des années qu’elles m’intriguent et me passionnent. J’ai même découvert récemment que l’une d’entre elles porte mon prénom, vers La Couarde / Bois Plage ! Souvent, c’est en effet un prénom féminin qui leur a été attribué (du moins pour ceux de l’Île de Ré).

A défaut de faire le tour de l’Île et de me pencher vraiment sur cette série, j’ai profité avec Romain du calme du jour de Noël dernier pour aller photographier certains d’entre eux (comme une sorte de commencement, même si je n’ai pas d’angle particulier).

Blockhaus de Bois Plage / La Couarde

Entre ces deux villages, à la sortie de Bois Plage, il existe deux batteries. Il s’agit justement des batteries Fanny et Herta (un blockhaus et son poste de surveillance), vers lesquelles nous nous sommes frayés un passage dans le sable et les herbes (car nous venions de l’arrière, pas de la plage).

Impossible d’y entrer (à part dans le petit poste de surveillance, mais dire qu’on en fait rapidement le tour est une sacrée litote !), les entrées sont bien évidemment condamnées. Tags et grafs recouvrent les murs en béton et leur donnent encore plus de présence au milieu de cette végétation sauvage.

blockhaus fanny herta ile de ré

blockhaus fanny herta ile de ré

blockhaus fanny herta ile de ré

blockhaus fanny herta ile de ré

blockhaus fanny herta ile de ré

blockhaus fanny herta ile de ré

Base militaire d’Ars-en-Ré

Au coeur du bois de la Combe à l’Eau et de celui de la Combe des Foies, sur une zone de paraît-il environ 35 hectares, on trouve l’une des plus importantes bases militaires allemandes de l’Atlantique. Sa construction avait pour objectif de protéger la base militaire marine créée à La Rochelle. Il y avait là des postes de commandement, des postes de télégraphie et téléphonie, une infirmerie, des cuisines, une écurie, et même un théâtre (!) Sans oublier les baraquements militaires, évidemment.

Pour info, l’entrée de cette base désaffectée (difficile d’obtenir la certitude qu’elle le soit à 100% d’ailleurs, y a-t-il encore ici des militaires qui s’entraînent ? les sources se contredisent) est interdite (dixit le panneau à l’entrée). Cependant, elle n’est pas du tout bloquée (il y a une simple barrière pour empêcher les voitures d’entrer, mais pas les piétons), et de nombreux rétais y ont un jour fait une excursion.

Un jour de Noël, nous ne risquions pas d’être trop dérangés, nous y sommes donc allés faire un tour rapide (et pourtant, nous n’étions pas les seuls d’ailleurs à avoir eu cette idée, comme quoi ces endroits intriguent plus de gens qu’on ne le croit).

Sur ce site sont regroupées plusieurs batteries : Kora, Kathe et Karola. J’avoue que j’ai du mal à savoir laquelle des deux dernières on a aperçue, mais je sais déjà que nous n’avons pas vu Kora, dont l’immense tour de 23 mètres (abritant à l’époque un télémètre et plusieurs canons de longue portée) n’aurait laissé aucun doute. En fait, après vérification sur Google Maps, nous sommes en fait restés assez proches de l’entrée (surtout si l’on considère l’étendue de cette zone),  ayant viré à droite au lieu de prendre tout droit pour voir la tour. Nous reviendrons sûrement un jour l’explorer plus en amont (en mai peut-être ?)…

kora karola ile de ré

kora karola ile de ré

kora karola ile de ré


vidéo

Voici une très courte vidéo que j’ai réalisée avec les prises de vue de Romain (je me suis pour la part concentrée sur la photo). Il faisait froid et il y avait énormément de vent ce jour-là (en particulier sur les dunes).

Nous n’avions pas le stabilisateur et la stabilisation en post-production ne faisant pas des merveilles, il y a deux plans qui tremblent un peu mais que j’ai souhaité garder tout de même (d’avance pardon) 🙂

Et vous, avez eu l’occasion d’en approcher (sur cette même île ou ailleurs sur la côte atlantique) ? Racontez-moi !

Voir mes articles sur l’Île de Ré

Hi! Moi c’est Fanny, 30 ans. J’adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Aprés avoir vécu en Espagne (Donostia – San Sebastián) pendant plus de 3 ans, j’ai déménagé fin Mai 2018 à Boston (USA) pour de nouvelles aventures !




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    La Minute d'Emy - Emilie
    25 janvier 2018 at 22 h 42 min

    Tes photos sont magnifiques, ça donne envie d’y aller !

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      parenthesecitron
      26 janvier 2018 at 11 h 44 min

      Merci, cela fait plaisir à lire ! 🙂

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    Marion
    26 janvier 2018 at 12 h 27 min

    Je ne savais même pas que les blockhaus portaient des prénoms ! Et encore moins qu’il y en avait autant sur l’île de Ré… c’est incroyable ! Vos photos sont magnifiques, et honnêtement je trouve que les tremblements passent même pour un effet de style tout à fait adéquat pour le thème des blockhaus, des symboles de la guerre turbulente ! Bravo pour ce travail incroyable ! 🙂

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      parenthesecitron
      26 janvier 2018 at 14 h 10 min

      Moi non plus, je l’ai découvert en faisant quelques recherches sur le sujet avant de me rendre sur place, c’est amusant je trouve. Merci encore pour ton chouette commentaire, c’est très motivant 🙂

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    Une Maman Du Sud Dans Le Nord
    26 janvier 2018 at 16 h 13 min

    j’ai été voir ceux d’Eperlecques dans le nord pas de calais il y a bien 8 ans c’est impressionnant à voir tout de même ! Mais franchement c’est à voir superbe les photos…

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      parenthesecitron
      26 janvier 2018 at 18 h 26 min

      Oui c’est le mot, « impressionnant ». Captivant même, quand on pense à l’histoire derrière… Merci en tout cas 🙂

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    Karine Abadie
    27 juin 2018 at 14 h 28 min

    Bonjour,
    Et bien pour ma part, j’ai passé 10 a aller en vacances avec mes grands-parents dans un des nombreux (à l’époque car aujourd’hui mis à part les grands ils sont tous ensevelis) blockhaus du camp de la marine Herta situé à la sortie du Bois-plage en Ré, que de souvenirs !….les blockhaus était loués aux employés de la fonderie à côté d’Angoulème (ma grand-mère en était native et avait des neveux et cousins qui y travaillaient). Il y avait un tirage au sort tous les 4 ans si mes souvenirs sont bons afin que tout le monde puisse profiter de ce site exceptionnel car on avait que la dune à descendre pour être sur la plage. Évidement à l’époque il n’y avait ni électricité ni eau chaude, 4 WC à la turque et 1 douche solaire (elle chauffait grace au bidon rempli le matin, situé sur le toit d’un blockhaus et qui chauffait grace au soleil). On devait être une bonne soixantaine de vacanciers l’été. Et on devait aller chercher des pains de glace pour pouvoir conserver la nourriture au frais dans des glacière. Les blockhaus étant pour la plupart petits (3 mètres de large sur 8 de long en moyenne), les occupants avaient tous fait preuve d’ingéniosité pour loger toute la famille. Oui, c’était sommaire, mais que de bons souvenirs dans une ambiance très familiale, on se connaissait tous et les enfants étaient libres d’aller et venir (j’en faisait partie). Voili, voilou, depuis tout a été pratiquement recouvert par la dune et quand j’y vais (faut que j’y retourne de temps en temps), j’ai toujours ce petit pincement au coeur, car c’est à cause d’une histoire d’argent que le camp a été fermé et laissé à l’abandon.

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      parenthesecitron
      27 juin 2018 at 17 h 38 min

      Ah j’ignorais qu’il avait été fermé pour ces raisons, et surtout j’ignorais que cet endroit avait servi de camp de vacances ! C’est assez extraordinaire comme « utilisation » quand on repense à ce pour quoi il a été conçu, mais j’imagine que cela devait être agréable d’y séjourner (effectivement la localisation est idéale) malgré les conditions rudimentaires. Merci pour ce témoignage qui m’apporte un nouvel éclairage sur ces lieux !

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