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Colombie

Un séjour en Colombie #2 : Medellín

Je reviens aujourd’hui (après avoir évoqué Bogotá et Zipaquirá il y a quelques semaines) à mon chouette séjour de janvier dernier en Colombie. Nous avions en effet réparti notre temps sur place de manière à visiter la capitale mais également Medellín, Guatapé et Cartagena (dont les articles suivront petit à petit). Pour rappel, je vous remets la carte de notre périple ci-dessous.

C’est donc de Medellín qu’il s’agit aujourd’hui, notre deuxième courte (mais chouette) étape. Nous y avons passé un peu moins de 24h : ce n’est évidemment pas suffisant pour en faire le tour complet, mais cela permet d’en prendre un peu le pouls.

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Visiter Medellín

Nous nous sommes concentrés sur deux quartiers essentiels (et relativement sécurisés, car il ne faut pas oublier qu’on ne visite pas la Colombie comme on visiterait l’Espagne !), ainsi que sur une place centrale. Nous avons pris également un moyen de transport original pour avoir une idée globale de la ville (et malheureusement aussi, de sa pauvreté extrême selon les quartiers).

El Poblado

El Poblado est le premier quartier que nous avons visité, mais pas le premier traversé puisque le bus depuis l’aéroport nous avait laissés en périphérie, nous « contraignant » à prendre un taxi (valeur sûre pour se déplacer en Colombie, surtout lorsqu’on ne connaît pas ou mal).

C’est un quartier un peu touristique (du moins pour la ville) et où les loyers sont plus élevés, ce qui nous rassurait pour passer la nuit dans la ville (nous y avons loué un studio via airbnb). Nous avons franchement adoré l’ambiance de ce coin ! Nous sommes sortis en soirée (de nuit donc mais pas jusqu’à tard) pour dîner et boire un verre (vous retrouverez les adresses plus bas). Il faisait bon (autour de vingt degrés, si je me souviens bien), surtout pour nous qui avions quitté Boston avec un -10 degrés trois jours plus tôt. Les températures et le décor assez exotique de certains bars/restos (notamment les façades et terrasses), entre osier, verdure et guirlandes lumineuses, invitaient à la relaxation (ce que nous avons fait autour d’un cocktail après avoir trouvé de quoi grignoté). En outre, les rues sont très très vertes (c’est une constante sur ce continent je crois), ce qui est franchement très plaisant !

De cette soirée tranquille, je n’ai pas de photos autre qu’au téléphone (je vous les épargne). Ayant pris pour le voyage mon appareil non pro avec un objectif assez lumineux mais pas dingue non plus ainsi que mon argentique, je savais qu’il était inutile de les trimballer avec nous en espérant avoir des photos nettes…

Le lendemain matin, nous avons traversé à pied le quartier pour rejoindre le métro puis le funiculaire, et c’était étrange de l’observer enfin en plein jour. L’ambiance est totalement différente, les adresses qui paraissaient limite chic de nuit avec les lampions et guirlandes sont parfois un peu moins attrayantes de jour, quand d’autres au contraire ont une terrasse-véranda qui ressort davantage avec les rayons du soleil, et donnent envie de s’arrêter (mais on ne peut pas faire que ça non plus, surtout quand le temps sur place est un peu compté)… Je vous conseille franchement d’arpenter tranquillement ce quartier si vous vous rendez en Colombie et notamment à Medellín, il fait partie de ces endroits où on se sent bien.

La Comuna 13

Nous avons quitté El Poblado non pas pour la Comuna 13 directement, mais pour prendre le funiculaire (je vous en reparlerai plus bas).

La Comuna 13 est le deuxième quartier que nous avons visité lors de notre « escale » à Medellín, et c’est sincèrement un incontournable.

Ce quartier a une histoire plutôt riche mais pas forcément très gaie, racontée aujourd’hui par de nombreux street arts et artistes de hip-hop. La Comuna 13 été en quelque sorte réhabilitée (et est devenue par là-même bien plus fréquentable) après des années de trafic de drogue (voire d’armes) et de conflits armés donnant à Medellín sa réputation de ville dangereuse et violente. Entre guérillas, cartels, paramilitaires, les attentats et agression étaient en effet chose quotidienne. L’opération Orion lancée par les militaires contre les rebelles sur plusieurs jours en 2002 a abouti (au détriment de plusieurs morts et de civils blessés) à ce que l’isolement de la Comuna 13 soit tel que les armes soient enfin déposées. Le gouvernement Colombien a agi ensuite pour reconnecter ce quartier au reste de la ville, en y soutenant l’accès à l’éducation et en y construisant un escalator. Le hip-hop et le street art ont permis à de nombreux jeunes de trouver un sens artistique à leur vie et donc un avenir plus rose, tout en témoignant du passé et en rendant les lieux plus calmes. C’est aujourd’hui un quartier très safe, qui donne qui plus est un joli point de vue sur la ville. Ce n’est pas pour autant devenu un quartier aisé, loin de là, on y observe de nombreuses maisons construites à partir de pas-grand-chose, et lorsque le regard se perd un peu au-delà, les favelas ne sont pas bien loin.

Pour accéder à la Comuna 13, il faut marcher environ 30 min (à l’aller qui est en montée, donc un peu moins au retour) depuis le métro. En se baladant à travers le quartier, on croise de nombreux vendeurs ambulants. Celui que nous avons choisi, presque tout en haut (non loin de tobogants de métal où jouaient des enfants), vendait de la mango biche, c’est-à-dire de la mangue avec du citron vert, accompagnée aussi de sel et poivre  (que l’on peut déguster juste avec du citron vert également et personnellement, je préfère). Le gobelet coûte seulement 0,50€ et rafraîchit énormément de l’ascension des escaliers !

La plaza Botero (dans La Candelaría)

Nous nous sommes rendus en métro à la plaza Botero, qui tient son nom des nombreuses sculptures de l’artiste que l’on peut y observer. À cet endroit, c’était une toute autre ambiance… A peine sortis du métro, on s’est fait arrêter brièvement par des policiers qui nous ont recommandé d’être extrêmement vigilants (le ton est donné). Nous voyant débarquer avec petit sac bandoulière et sac à dos de 28L (l’ensemble de nos affaires puisque nous étions entre deux logements), ils se sont inquiétés pour nous (qui pourtant étions franchement déjà au top question vigilance, réputation de la ville oblige -malgré les progrès question sécurité, quand on se balade dans un pays avec un tel passé, ça ne quitte jamais vraiment un coin de notre tête).

Arrivés sur la place Botero (en haut de la bouche de métro), il y avait des policiers partout, veillant à la sécurité des locaux comme des autres. Je ne sais pas si c’est leur présence en nombre qui m’a rendue moins sereine qu’à d’autres endroits (beaucoup moins que Romain en tout cas, qui voulait absolument que je capture l’architecture intéressante des bâtiments -ce que j’ai fait en 30 secondes chrono en mode 360° sur moi-même, avant de cacher à nouveau l’appareil dans mon sac !). Toujours est-il qu’on ne ressentait pas du tout la même tranquillité que dans le Poblado et la Comuna 13.

Nous ne nous sommes de toute façon pas éternisés, il nous fallait reprendre le métro puis trouver le Sustrapeñol, le bus qui nous permettrait de rejoindre Guatapé, notre prochaine étape. C’est le seul moment du séjour (avec peut-être la Candelaria à Bogotá) où je n’ai pas eu super confiance dans un secteur visité. Pourtant, étant donné que nous ne nous aventurions pas en-dehors des zones conseillées et que le nombre de policiers et militaires était important, j’imagine que ça devait être relativement sécurisé (mais parfois on se demande aussi pourquoi ils sont là en si grand nombre…).

Prendre le téléphérique

À Medellín, nous avons pris un moyen de transport qui sort un peu de l’ordinaire et s’apprécie grandement dans une ville autant vallonnée : le téléphérique ! Nous avons pu admirer ainsi la superficie impressionnante de la ville, et à quel point elle s’étale sur les flancs des collines et montagnes proches.

Prendre de la hauteur sur Medellín, c’était aussi un mal nécessaire (autre que le vertige pour Romain, j’entends) : prendre conscience de la pauvreté écrasante de la population, éparpillée dans des bidonvilles tout autour des quartiers dits plus « riches ». Le contraste des richesses dans une telle ville est stupéfiant. Certains ont l’eau courante et des appartements luxueux, d’autres récupèrent l’eau de pluie pour se laver et vivent sous des toits de tôles, le linge étalé sur les nombreuses terrasses cramées par le soleil. Les habitants ont-ils l’électricité dans ces zones-là ? Je l’ignore, mais j’en doute.

Dans ce téléphérique, j’étais partagée entre honte (d’être là, de simplement voyager, quand d’autres galèrent à ce nourrir) et soulagement (d’en prendre conscience autrement que dans des livres ou des vidéos et d’avoir donc ces images-là, réelles, sous mes pieds, en tête pour le reste de ma vie). Comment, après ça, ne pas relativiser le moindre problème d’équipement ou autre, baigné(e) depuis notre naissance dans l’extrême confort occidental que nous trouvons quand même le moyen de critiquer à la moindre faille.

Photo de gauche (funiculaire) et droite (Coffee Shop Com13) par Chloé

Quelques bonnes adresses à Medellín

Vous parler de ces deux adresses après ces images de favelas n’est pas le meilleur enchaînement qui soit, mais ceci dit, consommer local permet aussi de soutenir l’économie (et c’est ce que nous avons privilégié pendant notre séjour en Colombie, alternant adresses à l’extérieur et petits commerces pour cuisiner nous-mêmes).

  • Coffee Shop Com13 : comme son nom l’indique, ce petit café est situé au cœur de la Comuna 13. Comme son nom ne l’indique pas, en revanche, il propose des zumos (jus) bienvenus pour se rafraîchir de la chaleur (et faire le plein de vitamines). Pour 0,80€, j’ai dégusté par exemple un grand verre de jus de maracuya (un fruit exotique savoureux) et mangue. Miam !   Carrera110 #35f21
  • Drama Queen (Arepas Gritonas) : c’est l’endroit, tout près du airbnb loué, où nous avons dégusté des arepas le soir de notre arrivée. Plutôt sympa (possibilité de les manger sur place en terrasse ou de les emporter), et, à noter pour les compliqués dans mon genre, c’est une option gluten-free et végé ! Mon arepa contenait entre autres des haricots rouges et de la salade.   Cra. 35 ## 7-89
  • Taco Veg : comme une arepa (crêpe de maïs) ne cale pas forcément (mais que le faible prix permet de goûter plusieurs choses, un peu comme les pintxos de Donostia), nous avons pris une deuxième collation à cette adresse en guise de dîner. J’ai opté pour un zumo de sandía (jus de pastèque) et quelques frites chipées à mes compagnons de voyage, tandis qu’eux se partageaient une assiette de tacos (qui ne m’étant PAS certifiés sans gluten cette fois, ne m’ont pas fait de l’œil longtemps). Bon à savoir : c’est un établissement végan ! On peut également y boire de l’horchata (cette boisson délicieuse au souchet découverte à Valencia), malheureusement en rupture de stock ce soir-là. Cl. 10 ## 35 14
  •  La Bronca : après une petite promenade, nous avons achevé notre soirée à Medellín ici, autour d’un cocktail. Après un choix cornélien pour savoir ce que je pouvais boire ou non -certains alcools pouvant contenir du gluten, hé oui…-, j’ai fini par craquer pour une caïpirinha (pas une découverte, mais c’est toujours excellent et le cachaça -comme le rhum- sont les rares alcools forts que j’apprécie vraiment en plus d’être des valeurs sûres de ce point de vue là). Amoureux des plantes/du bois en déco (en mode urban jungle exotique), ainsi que des atmosphères chaleureuses, vous allez adorer (c’est d’ailleurs un peu ce genre d’adresses qui font prendre conscience du caractère « huppé » du Poblado par rapport au reste de la ville, en comparaison des adresses ci-dessus).   Cra. 35 ##8a-125

J’espère que ce compte-rendu de notre deuxième étape colombienne vous aura plu. Si vous avez des remarques/questions, n’hésitez pas, les commentaires sont là pour ça ! 🙂


Cet article contient des photos numériques retouchées avec l’un de mes presets Lightroom personnels, des photos prises au téléphone (dans des endroits où la discrétion s’imposait sans que le risque soit grand) également retouchées avec un preset pour Lightroom (mobile) ainsi que des photos argentiques (prises avec le Canon Av-1 sur une pellicule Kodak Gold 200). 

A propos

Hello et bienvenue ! Je suis Fanny, photographe de 32 ans. J'adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Originaire de Charente-Maritime, j'ai vécu dans différentes villes en France puis à Donostia - San Sebastián (en Espagne) pendant 3 ans 1/2, ainsi qu'à Boston (dans le Massachusetts aux USA) pendant 2 ans. Je suis rentrée dans ma région natale en plein confinement et ai emménagé début août 2020 à Montpellier.

8 Commentaires

  • L&T
    12 septembre 2020 at 13 h 08 min

    De jolies photos qui donnent envie ! El Poblado a l’air vraiment sympa à parcourir…

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    • parenthesecitron
      12 septembre 2020 at 13 h 13 min

      Merci, oui c’est un quartier sympa ! Tu viens de me faire prendre conscience que pour une fois ma programmation d’article a fonctionné, mais que je lai prévue un jour trop tôt (normalement je les programme pour le dimanche), ah ah 😀

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  • Mélanie
    14 septembre 2020 at 12 h 14 min

    Bonjour Fanny,
    Superbe article complet sur Medellin. C’est une ville que j’ai beaucoup aimé en Colombie notamment la Comuna 13 un quartier qui a su se transformer, après avoir vécu des années dans la drogue et règlements de compte.

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    • parenthesecitron
      14 septembre 2020 at 12 h 17 min

      Merci ! J’ai été assez bluffée par cette ville en effet, quand on connaît son passé encore récent la transformation est impressionnante. J’ai regretté de ne pas avoir davantage de temps à y consacrer (peut-être une autre fois si je retourne en Colombie).

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  • Romain
    14 septembre 2020 at 13 h 35 min

    On y est pas restés longtemps mais ça m’a vraiment marqué, c’est l’effet mangue. Encore plus avec l’étape d’après qui était aussi magnifique !

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    • parenthesecitron
      14 septembre 2020 at 13 h 40 min

      Ah ah l’effet mangue ! J’avoue ça me manque tous les bons p’tits fruits colombiens…

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  • Fanny
    1 octobre 2020 at 20 h 58 min

    Bonjour, joli article et merci de noter la difficulté de la vie pour les habitants des quartiers pauvres. J’ai eu la chance d’aller deux fois à Medellín et le Poblado est très agréable mais vraiment une bulle pour les colombiens plus riches et les touristes (loisir ou business) comparé au reste de la ville. Je n’ai jamais visité la comuna 13 mais a l’époque le renouveau de ce quartier n’était pas d’actualité et les locaux ne viennent (venaient ?) pas le visiter. Le point important est de noter que beaucoup viennent visiter ce quartier pour le côté narco-trafic mais beaucoup de colombiens demandent aux touristes d’éviter ce genre de visite (narcotourisme) car il contribuerait au soutien de cette économie et du mal qu’il peut faire aux habitants.
    Bonne soirée !

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    • parenthesecitron
      2 octobre 2020 at 11 h 40 min

      Merci pour ton commentaire. En l’occurrence, on n’y allait pas en mode narcotourisme puisqu’on n’était clairement pas en recherche de drogue, donc j’avoue que je ne comprends pas trop ta remarque… ou alors tu te méprends sur la définition du narcoutourisme (qui renvoie clairement au fait de visiter des lieux avec l’objectif d’acquérir de la drogue). Je pense que tu voulais faire plutôt allusion aux narcotrafic tours, et c’est autre chose. C’est vrai qu’à aucun moment dans mon article, je n’ai parlé des « Pablo Escobar tours » ou des produits dérivés à son effigie qui s’y développent pour les touristes et qui sont très douteux. Pour le coup, j’y ai prêté tellement peu d’attention (ni ne les ai photographiés) que je les avais oubliés… Mais boycotter ce quartier devenu historique pour avoir été reconstruit de manière exemplaire, à travers la culture qui s’y est extrêmement développée, serait dommage. C’est cet aspect-là (architectural et culturel) qui est intéressant et que je recommande dans mon article (d’autant que l’histoire de la Comuna13 n’est absolument pas liée qu’à Pablo Escobar mais aussi aux milices aux guérillas des FARC et de l’ELN, à l’intervention des militaires et paramilitaires, au détriment des civils dont nombreux furent tués). Je pense qu’on peut tout à fait visiter la Comuna 13, devenue une sorte de quartier-mémorial à forte résilience, plutôt en solo (c’est-à-dire sans s’enrôler dans l’un des tours proposés) tout en faisant la part des choses, comme nous l’avons fait. Nous avons retenu ce qui nous a semblé important à Medellín dans le temps que nous y avions, et pas les dérives commerciales autour… D’ailleurs les locaux croisés ont échangé quelques phrases avec nous avec le sourire, peut-être que d’effectuer cette démarche dans le respect se remarque. Mais je comprends que les objets dérivés ainsi que les tours proposant de visiter entre autres la « Catedral » ou la tombe d’Escobar gênent les habitants (sauf ceux à qui ça rapporte) : ce n’est personnellement pas quelque chose que j’aurais fait, même avec davantage de temps sur place (de même que me prendre en photo devant une photo de lui comme certains le font malheureusement).

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