Ecologie et conso responsable

Vers un dressing éthique et minimaliste (50 pièces)

10 novembre 2017
dressing minimaliste

Sans aller jusqu’aux capsules qui sont une méthode un peu trop extrême pour moi (même si je ne suis pas à proprement parler une accro au shopping), j’avais envie et besoin de simplifier ma garde-robe depuis quelques mois.

1. La prise de conscience

Lasse d’y voir des vêtements que je ne porte jamais car plus mon style et/ou pas confortables et/ou de qualité douteuse et/ou impossibles à assortir, j’ai effectué un énorme tri il y a plus d’un an ainsi que plus récemment. Ce dernier tri est également motivé par la perspective d’un gros déménagement d’ici quelques mois. Cependant, du tri, il en faudra encore sûrement pour arriver à mon dressing idéal, minimaliste et harmonieux.

A l’orée de ce nouveau déménagement, je souhaiterais pouvoir emporter avec moi peu de vêtements, mais parfaits à tous points de vue : reflets du style qui me correspond, pratiques et confortables autant que durables, et faciles à assortir entre eux.

Un dressing est idéal pour moi lorsqu’il me permet de composer facilement des tenues, sans prise de tête, et d’en finir avec la sensation du « plus rien à me mettre » : ce qui est dans la penderie est aimé ET porté. Un espace dressing optimisé est également plus reposant dès le matin (astuce : suspendre le maximum de pièces pour avoir un oeil rapidement dessus, à part les pulls, qu’il vaut mieux plier en petites piles).

Au-delà de cet aspect pratique et agréable, derrière ma démarche de dressing minimaliste se cache aussi la volonté d’acheter moins mais mieux. Voici un aperçu de ce à quoi pourrait ressembler mon dressing minimaliste en 50 pièces (vêtements et accessoires).

dressing minimaliste en images - les hauts et accessoires

dressing minimaliste en images - les bas

2. Vers un dressing minimaliste

Se concentrer sur quelques couleurs

Ma démarche est assez facile à suivre et éventuellement répéter, car au-delà des critères d’éthique, elle se base sur un ensemble de couleurs à respecter pour obtenir un dressing harmonieux et sans prise de tête.

La clé est d’associer les tons neutres (noir, blanc, gris, nude, beige…) à des tons semi-neutres (j’ai opté pour le bleu marine et le jean), tout en incorporant quelques couleurs d’accent, par exemple rouge vif, bordeaux, vert sympa, jaune citron ou moutarde, vert kaki, camel…). J’ai choisi des couleurs volontairement intemporelles (rouge vif / ocre / marron légèrement cognac), c’est-à-dire en-dehors des couleurs que l’on retrouve mises en avant une année et qui se démodent celle d’après. Surtout, j’ai choisi des couleurs qui me vont bien et avec lesquelles je me sens à l’aise, peu importe les tendances du moment. L’idée c’est de décliner ces couleurs d’accentuation sur moins de vêtements (qui seront alors des pièces fortes) et de les privilégier plutôt sur les accessoires. Ainsi, si vous vous lassez d’une couleur vive (comme le rouge en ce qui concerne ma collection), tout votre dressing ne sera pas à remettre en question.

dressing minimaliste en images - les couleurs

Bien définir son style

Que l’on soit plus bohème chic, preppy, classique, masculin / féminin, rock etc., l’important pour suivre cette démarche est d’opter pour des pièces durables, c’est-à-dire assez intemporelles et de coupe simple mais qualitative. Je souhaite que ces vêtements reflètent mon style sans pour autant posséder tous les attributs « tendance » du moment : ainsi, il est possible de les garder plus longtemps sans avoir l’impression qu’ils sont « passés de mode ». Les bijoux / accessoires sont là pour apporter plus de modernité si besoin (même si pour ma part, je ne prévois pas non plus de les faire beaucoup évoluer, juste de n’en garder que peu mais de très bonne qualité ou handmade par moi-même).

Quelques inspirations

inspiration dressing idéal

Privilégier la qualité à la quantité

Au-delà des critères d’éthique et d’écologie qui me tiennent à coeur et qui me détournent petit à petit des enseignes traditionnelles de prêt-à-porter dont l’impact environnemental et social est désastreux, j’ai décidé également d’acheter moins et moins souvent. Adieu Zara, H&M, Mango et toutes ces marques dont l’unique but en renouvelant les 2/3 de leurs collections deux fois par mois est d’inciter à consommer toujours plus.

Même si je fais déjà partie de celles dont le budget mensuel alloué au vestimentaire est plutôt faible (j’achète plutôt par phases que tous les mois), je n’en tirerai pas forcément un avantage économique dans un premier temps car l’idée est d’opter pour des marques dont la démarche est à la fois plus respectueuse de leur personnel, de la population en général et de l’environnement. Or, la fast-fashion nous a tellement habitué(e)s à de faibles coûts complètement déconnectés de la réalité du secteur de la mode (pour qui veut produire localement avec quelques principes, j’entends), que cette démarche se révèle forcément plus coûteuse, en comparaison (au moins dans un premier temps).

Mais aujourd’hui, payer peu cher un article de qualité moyenne voire franchement mauvaise ne m’intéresse plus, d’autant mois en considérant que je l’achète sale : oui sale, car tâché de souffrance : celle des enfants du Bangladesh ou d’ailleurs, celles de populations dont les rivières sont polluées de produits chimiques déversés sauvagement par les usines, celle des ouvriers gagnant moins par mois que le prix d’un jean issu de la fast-fashion et n’ayant de surcroît aucun droit ni aucune allocation… (Pour aller plus loin, voir cette petite vidéo humoristique de Nicolas Meyrieux sur le sujet, ainsi que ce reportage sur Netflix).

Commencer doucement, mais sûrement

A défaut de cocher tous les critères sur une même pièce, je cherche dans un premier temps à acheter soit local, soit bio (pour le coton par exemple), soit des matériaux de qualité (qui seront donc plus durables, ce qui évitera à ce nouveau vêtement d’être jeté en quelques mois ou faibles années) et je privilégie les pièces 100% (ou à forte majorité) coton, lyocell, laine, lin… plutôt que polyester, viscose, polyamide, acrylique etc. Avec des coupes simples, j’évite de m’en lasser et d’avoir à m’en séparer rapidement.

Cela n’empêche pas de m’être faite avoir récemment en lisant une étiquette, mais j’apprends petit à petit de mes erreurs et on ne m’y reprendra pas (made in PRC, ce n’est ni plus ni moins que du Made in China, j’ignorais cela) : et si cela arrive, rien de plus simple à l’avenir  que de boycotter les marques qui jouent sur cette confusion…

De même, je préfère également acheter un vêtement de seconde main même s’il ne répond pas aux critères environnementaux / éthiques que je m’impose (car l’impact négatif d’un article empire s’il est jeté, pas s’il est réutilisé) plutôt que d’en acheter un neuf même s’il est produit de manière plus éthique (il s’agit toujours d’une nouvelle consommation de ressources).

Quelques pistes : Vinted / Le Bon Coin / Emmaüs / Seconde Histoire (eshop dédié à la revente de pièces Cyrillus)

En neuf (sachant que les diverses périodes de soldes peuvent vite faire baisser les prix) ou bien d’occasion, voici quelques marques éco-responsables ou engagées, que je garde dans un coin de ma tête.

  • Ekyog : bio & éthique – site web
  • People Tree : bio & éthique – site web
  • La Révolution Textile : bio, éthique avec une véritable transparence et traçabilité. – site web
  • Les petites jupes de Prune : jeune créatrice française – site web
  • L’atelier de Camille : fabrication française en éditions limitées – site web
  • Harpe : fabrication française – site web
  • L’envers : fabrication en Espagne et Portugal, belles matières premières… et des gilets & pulls à tomber ! – site web
  • Samsoe Samsoe : charte très complète indiquant que la marque porte une attention particulière à la manière dont sont fabriqués les vêtements (conditions, âge et salaire des ouvriers, produits utilisés etc.), à la matière qui les constitue (éthique animale) et aux répercussions sur l’environnement. De loin la charte la plus complète et transparente que j’aie pu lire jusqu’ici. Les produits sont pour certains fabriqués en Chine, mais il faut savoir que la condition des ouvriers en Chine a grandement évolué, et qu’il est possible de produire moins cher mais de manière très éthique). – site web
  • Sessún : il y a une sélection de pièces en fibres écologiques ou produites équitablement – certaines paires de chaussures sont produites en France – site web
  • Ese o Ese : fabrication au Portugal ou en Espagne pour certaines pièces (attention, une grande partie est aussi produite au Maroc, en Turquie et en Inde, et la marque ne précise rien sur les conditions). Une référence surtout pour trouver des vêtements en 100% coton ou lin – site web
  • Indi&Cold : marque née à San Sebastian : belles matières pour des vêtements qui ont l’air durables. Collaboration avec la Fédération Vicente Ferrer pour la vente de foulards (construction de logements pour les populations démunies d’Inde) – site web
  • Numéro 7 : marque créée par Coline (du blog Et Pourquoi pas Coline ?) et Delphine, styliste. Très peu de modèles, une attention particulière au choix des matières, à leur provenance et au lieu de fabrication (deux prix sont proposés, selon que le consommateur souhaite une production en France -plus cooûteuse- ou en Europe de l’Est), ainsi qu’à la qualité des finitions. – site web
  • Labl : de jolies pièces de créateurs français abordables et sélectionnées avec soin ainsi que beaucoup de transparence (production en Europe) – site web

A titre d’exemple, voici une petite sélection de quelques pièces plus éthiques (vous pouvez passer votre curseur dessus pour plus d’infos – marque et matière).

Voici les marques qui font davantage du green washing que de l’écologique ou éthique, en ayant affiché leur soutien à l’ONG « Better Cotton Initiative » (celle-ci ne signifiant pas que la marque qui la rejoint utilise du coton bio mais juste qu’elle a donné de l’argent à l’ONG, voir le reportage de Cash Investigation à ce sujet et mon article) : Esprit, Bonobo, H&M (Conscious), Zara (Join Life), Arket… Le BCI fait en réalité du tort aux filières de coton bio et/ou équitables, car de nombreux producteurs trouvent plus facile de travailler en « BCI », les contraintes étant moindres et les marques forcément plus intéressées… Certains faisant parti des filières bio se sont reconvertis vers le BCI, au cahier des charges bien léger (voire quasi inexistant).

3. La phase de transition

Arriver au dressing idéal passe par une phase de transition au cours de laquelle je conserverai forcément des vêtements qui ne correspondent pas aux critères définis précédemment, jusqu’à ce qu’ils s’usent ou que je m’en lasse (et décide de les donner / vendre après leur avoir trouvé un remplaçant parfait). Un dressing idéal se réfléchit sur le long terme et de manière un peu stratégique, afin de ne pas reproduire les erreurs d’achat du passé et de faire en sorte de pouvoir utiliser chaque nouvelle pièce plusieurs années.

Pour cela, j’ai mis en place une petite feuille de route très simple pour mes nouveaux achats :

  • Chercher d’abord de seconde main tout vêtement (grâce à Vinted notamment, ou encore les friperies ou Emmaüs) et se diriger vers le neuf en seconde option
  • Penser éthique et privilégier la qualité, la coupe et l’intemporalité d’un article lors d’un nouvel achat
  • Respecter l’ensemble de couleurs choisi afin de créer un dressing harmonieux (au sein duquel les vêtements se mixeront facilement entre-eux, ce qui évite d’en laisser de côté parce qu’ils ne « vont avec rien » – c’est du vécu !)
  • Faire correspondre un achat à un besoin réel et ne remplacer un vêtement qui n’a plus sa place dans ce dressing idéal qu’en cas de coup de coeur absolu (répondant à au moins 3 des critères suivants : éthique / coupe / matière / qualité de confection).
  • Chercher une seconde vie pour le vêtement remplacé (don à un proche ou une asso / vente)

 

Respecter ces différents critères est la raison pour laquelle si le renouvellement de mon dressing est définitivement amorcé, il se fera prolongera forcément sur la durée. Je referai donc un point d’ici un an ou un an et demi, pour montrer où j’en suis de cette démarche.

A l’heure actuelle, il y a encore bien trop de couleurs différentes dans ma penderie (et de combinaisons impossibles entre vêtements), on est donc encore loin de la planche que je vous présentais en début d’article, mais ma penderie évoluera dans ce sens au fil des mois.

Et vous, êtes-vous dans une démarche similaire de simplification vestimentaire ? Si oui, quels sont vos propres critères ?

Hi! Moi c’est Fanny, 29 ans. J’adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Aprés avoir vécu en Espagne (Donostia – San Sebastián) pendant plus de 3 ans, j’ai déménagé fin Mai à Boston (USA) pour de nouvelles aventures !




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    Les Couleurs d’une Vie
    11 novembre 2017 at 12 h 47 min

    Article super intéressant ! Je vais regarder les documentaires dont tu parles…

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      parenthesecitron
      14 novembre 2017 at 10 h 07 min

      Merci pour ton retour 🙂

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    Aurélie
    11 novembre 2017 at 17 h 46 min

    Vraiment top ton article Fanny !
    C’est sympa et inspirant de découvrir ta démarche en détails. Moi aussi je commence tranquillement à simplifier mon dressing sans aller jusqu’à la collection capsule. Depuis quelques mois, je me débarrasse d’éléments qui ne me sont pas utiles et ça fait un bien fou ! Ça simplifie la vie et fait que je me sens toujours bien dans ce que je porte.
    Merci aussi pour ta liste de marques éco-responsables ou engagées. Je ne connaissais pas la majorité de ces sites!

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      parenthesecitron
      14 novembre 2017 at 10 h 11 min

      Merci beaucoup, je suis heureuse que tu y trouves un intérêt. Je ne pense pas réduire non plus jusqu’à la collection capsule (ou disons si, mais dans un premier temps… pour l’année qui m’attend pour laquelle je vais devoir voyager léger – après, je serai un peu moins drastique). Mon idée est surtout d’éviter d’avoir x fois le même type de vêtement de manière redondante et inutile, ce qui m’est arrivé pas mal par le passé (comprendre : je portais toujours le même au final). J’ai le même sentiment que toi petit à petit avec mes vêtements : j’aime vraiment ce que j’ai gardé et le fait de voir mon dressing simple et bien rangé est très motivant ! J’ai beau y avoir beaucoup moins de vêtements, au lieu de « ne plus rien avoir à me mettre », j’ai envie de tout porter ! 😀

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    Sara
    5 janvier 2018 at 17 h 14 min

    Bravo pour l’article ! Je suis dans cette démarche aussi, depuis 1 an. J’y ai tellement pensé que je sens que je peux faire une pause maintenant 😉 J’ai fait un tableau word que je mets à jour régulièrement (j’ai déjà/ à virer ou remplacer/manque). Mon but était de n’acheter (d’occasion) que ce que je trouvais dans la colonne « manque ». Mais je me suis égarée, un peu grisée par Vinted justement ^^ J’ai beaucoup donné ou revendu. On se retrouve vite débordée, à accumuler des piles à vendre, à garder des enveloppe, des cartons, au secours ^^ J’arrive au bout, plus rien ne traine, et je stoppe tout nouvel achat avant… le bilan printemps-été. Au total (sans compter le sport et le bricolage) : 154 pieces toutes saisons, chaussures accessoires et sous-vetements compris. Je suis fière de moi ! Et c’est vrai que l’on est plus zen avec moins.
    Bref mon message pour dire que ça prend beaucoup la tête au début et qu’à un moment il faut aussi se reposer, et regarder avec amour ce qu’il reste dans la penderie.
    Bonne continuation à vous !

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      parenthesecitron
      8 janvier 2018 at 20 h 44 min

      Merci pour ton commentaire ! C’est vrai que je me surprends à y penser régulièrement, non que je sois fana de shopping, mais je ne peux plus m’empêcher de guetter de temps à autres LE vêtement qui correspondrait à mes critères, tant j’aimerais (ou aurais aimé, car cela me semble un peu improbable malgré tout) atteindre cet objectif de dressing simple et parfait avant de déménager pour Boston, pour ne pas m’alourdir inutilement. J’ai donné énormément de vêtements et continue de le faire (« un qui rentre, un qui sort »). Je n’ai pas eu pour l’instant beaucoup recours à Vinted car les deux seules fois les vêtements ne m’allaient pas, il m’a donc fallu les revendre et donner, ce qui est un peu décourageant lorsque comme moi, on cherche des marques dont on ne sait pas si elles taillent normalement ou non… Mais je continue dès que je le peux de jeter un oeil aux friperies, celle de ma ville de temps à autres et celles des villes où je vais. Et je pense malgré tout peut-être profiter des soldes pour investir dans des pièces basiques de qualité et éthiques, si l’occasion se présente 🙂

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