Donostia : ce qui me plaît… et ce que j’aime un peu moins !

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Donostia ce que j'aime ce que j'aime moins

Cet article est un peu personnel et aborde, après deux ans et demi d’expatriation à Donostia (San Sebastián), les aspects positifs et négatifs que je constate à propos de cette ville.

Ce que j’aime à Donostia

La diversité des activités

Les activités possibles à l’intérieur de la ville et en dehors sont plutôt nombreuses, entre marche avec vue agréable (bord de mer, parc…), lecture sur la plage (ou dans les cafés), le tourisme et la randonnée dans les alentours (sur la côte ou en terrain plus montagneux), les visites de musée / expo), les fêtes locales (elles sont plutôt nombreuses, entre la Tamborrada, la Semana Grande, la Santo Tomas, les festivals…). Les Espagnols sortent beaucoup et cela se ressent au coeur de la ville, toujours animée (à part peut-être le dimanche matin vers 9 / 10h).

Donostia était Capitale Européenne de la Culture en 2016 (en même temps que Wroclaw en Pologne), ce qui a permis de profiter de rues animées et vivantes en quasi permanence (voir par exemple mes photos du festival Olatú Talka).

La douceur de l’hiver

Il ne fait jamais vraiment froid en hiver, les températures ne tombant pas en-dessous de 5 degrés (ou rarement). On n’y craint donc pas beaucoup le gel, et c’est plutôt pratique et appréciable ! Revers de la médaille, il n’a neigé qu’une fois en deux ans et demi et pour à peine deux heures (juste le temps de prendre quelques photos)…

La facilité de la langue

L’espagnol est une langue assez simple (bien plus que le français), qu’il m’a fallu continuer de réapprendre (les deux ans de master m’ayant heureusement raffaîchi la mémoire peu de temps avant). Même si je suis encore bien loin de le parler à la perfection, j’ai apprécié de pouvoir communiquer rapidement avec les habitants et amis que l’on s’est faits peu à peu, même si c’était bien sûr assez chaotique au début (ça l’est encore parfois au cours de certaines discussions en fonction du vocabulaire qu’il me manque pour m’exprimer sur un sujet précis ou de l’accent de mes interlocuteurs).

Je suis tout de même maintenant surprise de comprendre si bien l’espagnol à la radio par exemple, quand il m’était si difficile il y a quelques années encore de retranscrire le contenu d’une extrait audio diffusé en cours… Je ne suis pas certaine que d’autres langues soient si évidentes à assimiler même si déjà apprises par le passé, il s’agit donc pour moi d’un véritable atout concernant cette expatriation.

Le prix du café

J’apprécie le prix des cafés ici comme dans toute l’Espagne (en moyenne 1,50€ le café con leche, bien moins pour un café cortado ou expresso). Ce prix très abordable me permet de squatter régulièrement les cafés sans me ruiner (surtout par rapport à la France, le contraste me revient en effet dès la frontière retraversée !).

café san sebastian koh tao

La diversité des quartiers

A Donostia, chaque quartier (Parte Vieja, Centro, Gros, Antiguo, Egia…) a vraiment une architecture et une ambiance qui lui sont propres. Après plus de deux ans et demi, je ne me lasse toujours pas de la ville, et cette dernière offre en outre de nombreux panoramas magnifiques (vues depuis les monts Igeldo, Urgul et Ulia) !

donostia san sebastian architecture (2)

L’offre culinaire

La ville est réputée pour posséder le plus de restaurants étoilés au km², et la gastronomie est en effet un de ses attraits majeurs. Mais même sans passer la porte des adresses les plus prestigieuses, la découverte des saveurs et les goûts sont au rendez-vous, depuis les bars à pintxos jusqu’aux restaurants. En étant végétarienne il y a bien sûr beaucoup moins de choix pour moi… Cependant, je ne le suis devenue qu’après 6 mois à Donostia, j’avais donc goûté les spécialités à mon arrivée et largement pu confirmer la bonne réputation de la ville !

Ce que j’aime moins

L’été

Les températures en été ne sont pas toujours facilement supportables pour qui redoute un peu la chaleur, même si elles sont très comparables au Sud de la France. Le pire reste cependant à mes yeux l’effervescence touristique à la belle saison, un inconvénient majeur lorsqu’on vit dans une telle ville, mais nécessaire à son économie… C’est finalement un peu le même problème qu’à La Rochelle, ma ville natale : les plages et bars à pintxos (et jusqu’aux places de parking dans ma rue) sont pris d’assaut ! Ce qui est un réel plaisir hors-saison devient alors très vite moins agréable pendant ces deux à trois mois durant lesquels je dois apprendre à partager les beautés de la ville 🙂

donostia plage

Le coût de la vie

Hormis le café et la plupart des denrées alimentaires en commerce, la vie est plutôt chère à Donostia, qui accuse son passé de ville balnéaire accueillant reines et haute-bourgeoisie. Les loyers sont notamment les plus chers d’Espagne avec Madrid et Barcelone (dans un quartier surplombant le centre-ville sans en être trop éloigné, nous payons 800€ pour environ 35m², sans aucune charge incluse…).

Si le prix du ticket de bus unitaire coûte 1,70€, soit à peu près ce que proposent de grandes villes en France, la différence réside dans le fait que Donostia ne propose qu’un faible réseau de bus (il n’y a aucun métro ni tram). De plus, la compagnie Dbus ne propose aucun abonnement mensuel ou annuel, de sorte que pour un résident le trajet coûtera 0,90€ (et un peu moins au-delà de 50 trajets par mois). C’est très cher, surtout quand on sait qu’à part quelques lignes, les bus ne passent que toutes les 20 à 30 minutes, voire une fois par heure, s’arrêtent en majorité à 20h l’hiver, 21h l(été (hormis quelques lignes mais rarement intéressantes). Ce coût est cependant un peu compensé par celui assez faible, en comparaison, des trajets qui relient deux villes de la région ou ailleurs en Espagne.

Avoir Internet à un plus faible débit qu’en France y coûte pourtant plus cher, et les opérateurs téléphoniques facturent toujours les appels et les sms, là où en France tout est aujourd’hui illimité / inclus dans le forfait. Avec les nouveautés actuelles en matière de consommation de data à l’étranger, il y a d’ailleurs de fortes probabilités pour que l’on ne conserve (et augmente) que le forfait français pour les mois restants (sous réserve que l’on puisse se passer de numéro de téléphone national pour certains services, dont la banque). Pour les prochains arrivants, c’est une solution à étudier sérieusement…

Le manque de discrétion

C’est un fait que nous avons constaté dès nos premières journées dans la ville, les Donostiarras parlent très fort dans les bus, dans la rue ou dans les cafés. On entend également presque tout de la vie de ses (toujours nombreux) voisins, car les logements sont rarement bien isolés (hormis ceux qui sont très récents). Ici, les habitants ne baissent pas non plus toujours le volume dans des endroits où l’on attendrait pourtant un peu de calme eu égard au lieu en lui-même ou aux gens qui le fréquentent (lieu public exigü, open-space, bibliothèque, hôpital etc.).

Etant habituée à parler à voix normale en appartement et à parler à voix normale ou faible le reste du temps, de manière à ce que seuls mes destinataires profitent de la conversation, j’ai toujours du mal à m’habituer (de même que mes oreilles).

La langue basque

A la fois un trésor culturel pour la ville (car il s’agit de la langue européenne la plus ancienne) et une curiosité pour ses visiteurs (notamment en raison du double affichage permanent et de certaines polices typiques sur les façades), la langue basque (el euskara) est pourtant un réel frein pour qui souhaite s’intégrer professionnellement. La connaissance de cette langue (loin d’être évidente puisqu’il s’agit d’un isolat, c’est-à-dire qu’elle ne partage aucune racine avec une autre) est en effet requise pour 90% des contextes de travail.

A Donostia, on entend parler bien davantage espagnol que basque dans les rues (à part certains enfants ou jeunes adultes), et cela s’explique par le fait que la dictature franquiste a longtemps interdit la pratique de cette langue. Ainsi, même si une forme de résistance a eu lieu au coeur de certains villages ou de certaines familles, de nombreux Basques ne parlent pas vraiment l’euskara, ou peu. Malgré tout, la plupart continuent de le comprendre et d’être capables d’interagir un minimum. Dans la mesure où l’espagnol me semble largement dominer (sauf peut-être au coeur de certains petits villages), je soupçonne les Basques de chercher à s’éviter toute concurrence extérieure sur les offres de travail en imposant la pratique de la langue comme un critère obligatoire…


Mis à part ces trois bémols, vivre à San Sébastian est un réel plaisir au quotidien, et la sensation de se sentir en vacances en permanence n’est jamais bien loin ! Enclavée entre montagnes et mer, c’est une destination idéale, que je conseille vraiment. Si vous projetez de la visiter, ne manquez pas mes conseils touristiques.

Hola! Moi c'est Fanny, 29 ans.
J'adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif…

9 commentaires sur “Donostia : ce qui me plaît… et ce que j’aime un peu moins !

  1. Cette ville a l’air bien jolie et paisible ! Je suis justement expat à Wroclaw 🙂 Comme toi j’aime moins quand les touristes arrivent dans ma ville haha. C’est cool que tu maitrises l’Espagnol, c’est une jolie langue, malheureusement j’ai perdu énormément depuis le lycée !

    1. La ville est en effet à la fois calme et dynamique, un équilibre que je trouve parfait en fait 🙂 J’aimerais mois aussi beaucoup visiter Wroclaw car ça a l’air très joli, et pour parcourir ton blog de temps en temps et avoir des amis polonais, l’envie devient plus forte !

  2. J’ai eu l’occasion de faire un long weekend à San Sebastian et j’ai beaucoup aimé ! Les paysages sont superbes, surtout la colline avec le château : une bonne balade et une belle vue ! Par contre, j’ai été un peu déçue de la plage et de la propreté de l’eau…
    J’ai aussi rédigé un petit article sur ce weekend si tu veux le découvrir.

    1. J’y vais de ce pas, merci pour ton commentaire ! Je te rejoins sur la propreté de l’eau (personnellement je ne me baigne jamais, parce que je n’aime pas ça et parce que ça ne m’incite en effet pas trop…). On va dire que ça dépend beaucoup des saisons, mais la mer charrie en effet beaucoup de déchets et les touristes abandonnent malheureusement aussi beaucoup de choses derrière eux 🙁

  3. Je n’y suis passée que quelques heures au détour d’un roadtrip dans la péninsule, mais je pense vraiment y retourner pour de bon un jour, cette ville a l’air très belle et de regorger de petites découvertes à dénicher !

    1. Merci ! Je te conseille effectivement d’y aller hors-saison (mai / juin ou octobre / novembre sont les meilleurs mois), c’est beaucoup plus sympa ! 🙂

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