Instagram

0
Ecologie Expatriation

Écologie : France (et Espagne) versus USA

22 avril 2019
earth day

Aujourd’hui c’est Earth Day, le Jour de la Terre, et cette journée particulière m’a donné envie de faire un petit comparatif écologique entre les US et la France / l’Espagne. Atteignant bientôt ma quasi-année complète sur le territoire américain, il y a beaucoup de choses que j’ai pu constater, en positif comme en négatif.

Je ne pensais pas en faire un article de blog, surtout par manque de temps, mais souhaitant publier mes réflexions sur Instagram je me suis retrouvée bloquée par la limitation de caractères. Qu’à cela ne tienne, ici j’ai de la place…

J’avais mis en place de nombreux éco-gestes au quotidien il y a de ça quelques années (j’en avais fait plusieurs articles sur mon blog, à retrouver en rubriques écologie et mode responsable), et en arrivant aux USA, forcément j’ai essayé de m’y tenir. La vérité ? C’est loin d’être simple !

Ecologie : ce qui fonctionne mieux en France (ou en Espagne)

  • Le vrac se développe de plus en plus (et est même parfois labellisé « sans gluten ») : aux USA, ne tolérant dorénavant plus le gluten je dois prendre garde aux aliments en vrac (facilement contaminés) et j’ai dû revenir vers certains aliments emballés (de plastique), notamment pour les farines et quelques fruits à coques ou fruits secs.
  • Dans le même ordre d’idée, on peut facilement acheter à l’unité des fruits et légumes ni emballés ni étiquetés individuellement (un enfer à Boston)
  • Les magasins français ont quelque fois tendance à sur-chauffer ou sur-ventiler, mais absolument rien de comparable avec les USA : la gestion thermique est bien meilleure ! A Boston on a constaté très vite que les climatisations et chauffages fonctionnent même lorsque ce n’est pas nécessaire, et parfois simultanément (!) Dans certaines copropriétés un peu anciennes, le chauffage est central et ne peut être réglé individuellement : comme il est fixé sur « très chaud », cela contraint à ouvrir la fenêtre (même à -15°) pour s’assurer de ne pas étouffer et pouvoir dormir… Si on rajoute à cela que l’isolation est quasi-inexistante (c’est un souci phonique aussi), on constate des pertes de chaleur énormes ! La France est bien plus sérieuse sur ce point, on fait attention à avoir des fenêtres qui ferment bien pour optimiser le chauffage, on est bien plus raisonnés aussi dans notre gestion thermique.
  • Les produits bio de qualité sont plus faciles à trouver, voire les produits bio tout courts : je galère encore à trouver un simple savon -ou shampoing- solide bio à Boston, de même que des huiles essentielles bio (je n’en ai repéré que 4 ou 5 bio mais elles ne correspondent pas à mes besoins) ou encore un véritable gel d’aloe vera bio. Pour ce qui est du maquillage bio, je n’en ai pas un besoin dingue (ayant ce dont j’ai besoin), mais on trouve essentiellement du (soit-disant) naturel, rarement du maquillage certifié-bio.
  • La surconsommation est un fléau dans tous les pays mais en Europe, certaines lois voient le jour pour réduire un peu le plastique (cotons-tiges, pailles, sachets de fruits/légumes). On est encore loin du compte, d’accord, mais il y a (tristement) pire : aux USA, chaque Etat gère SA façon de voir l’écologie (ce qui explique qu’au Massachusetts les sacs en kraft soient plus systématiques qu’ailleurs). Je pleure régulièrement (intérieurement) quand on me met une paille et des glaçons dans un simple verre d’eau, même en hiver (concept quasi-inconnu d’ailleurs, le « simple verre d’eau »). Encore plus problématique, les chaînes de restauration rapide et presque tous les snacks, fast-foods et cie sont incapables de servir quelque chose dans un contenant autre que jetable (c’est si has-been que ça, la tasse ou l’assiette en céramique ?). Bol ou mug jetable, couvercle jetable, serviette jetable, touillette jetable, couverts jetables et j’en passe… Tout cela produit une tonne de déchets quotidiens (et encore, avec cette expression je dois être en-dessous de la réalité) et bien souvent, n’est pas (ou pas bien) recyclable car il ne s’agit pas uniquement de papier ou de carton (une fine couche plastique étant ajoutée pour l’étanchéité). Et le pire, c’est que comme les américains sont habitués à commander « à emporter », il n’est pas rare de retrouver une partie de ces déchets dans la rue, faute de poubelle à proximité (et de conscience). Autre problème, ces chaînes s’exportent énormément en Europe et ailleurs dans le monde, les habitudes qui vont avec aussi… Dans les magasins, quand le sac en kraft est de mise, il n’est pas rare de les voir empilés pour plus de solidité (!) Le cabas en coton, cet outil si solide et tellement ignoré…
  • Les économies en matières d’éclairage public (et privé) : en France, l’éclairage des vitrines et magasins est maintenant interdit en-dehors des heures d’ouverture, et globalement, tous les Français que je connais font assez attention à ne pas laisser des lumières allumées dans des pièces où ils ne sont pas. A San Sebastian, le joli éclairage du Mont Urgull (et de la statue du Christ) n’est activé tous les jours qu’en saison estivale : le reste de l’année, on se contente du week-end et c’est largement suffisant. A Boston, les lampadaires fonctionnent parfois en plein jour, les bureaux sont nombreux à rester complètement allumés tout un week-end et les soirées (et dans des édifices en verre, ça se voit !), il n’est pas rare de voir quelque chose fonctionner dans le vide. Mes colocataires de l’été dernier (les trois mois que nous avons passés en colocation avant de trouver notre studio) avaient cette fâcheuse et constante habitude de partir le matin en laissant la lumière de leur salle de bain allumée (ou de laisser couler l’eau du robinet dans le vide, de jeter de la nourriture encore bonne à consommer parce que les proportions du repas étaient mal calibrées…). Il y a de quoi s’arracher les cheveux, et ce n’est pas du tout un ressenti que j’ai pu avoir avant dans les villes où nous avons vécues en France ou Europe (surtout depuis les nouvelles réglementations). Il y a derrière ce point on seulement un souci de consommation énergétique inutile, mais également une pollution lumineuse qui dérange faune et flore dans leur développement naturel.
pollution lumineuse

source : stocksnap

Ecologie : ce qui fonctionne mieux aux USA

  • Il est facile de louer un vélo (type vélib’) à Boston – comme beaucoup de villes en France, mais ça reste un bon point, d’autant que les pistes cyclables sont assez nombreuses dans certains quartiers (pas partout). Pour des petits trajets (voire une balade le week-end entre Boston / Cambridge / Somerville, en reposant le vélo à une borne de temps à autres), c’est très pratique !
  • Les solutions pour se déplacer sans voiture sont nombreuses (vélo donc mais aussi métro, tram et bus), et en cas de besoin ponctuel, il y a des possibilités de covoiturages avec les Uber (ou Lyft) pools (trajets partagés). Pour une évasion ponctuelle, il est possible de louer une voiture à l’heure avec une application mobile (Getaround, Zipcar…), ce qui est assez pratique aussi pour qui ne veut pas (ou n’a pas besoin de) s’encombrer d’une voiture au quotidien .
  • Le concept du doggy bag est très répandu (ça commence à arriver en France mais ça reste timide), et c’est la solution anti-gaspillage parfaite concernant la nourriture prise à l’extérieur de chez soi !

J’avoue que pour les avantages écologiques côté USA, je sèche un peu. Je trouvais notre style de vie espagnol bien plus écoresponsable et je peine aujourd’hui à orienter nos habitudes vers du 0 déchet tant les impasses sont grandes, alors qu’on s’en approchait tant auparavant. C’est parfois culpabilisant, mais on continue d’essayer (le seul point sur lequel on a vraiment reculé c’est la production de déchets en raison des limites du vrac et de mon problème de gluten qui oblige à être vigilant et acheter des produits spécifiques), heureusement, 80% des gestes que l’on avait adoptés sont maintenus.

Vivre dans un pays dont le Président n’a strictement rien à faire de l’écologie et clame que le réchauffement climatique est une invention car on a une vague de froid pendant 3 jours, c’est désespérant. Je sais, vous me répondrez (et vous aurez raison), que vivre dans un pays dans lequel le glyphosate devait être interdit et voir que finalement l’urgence se déplace sur des absurdités, ça énerve aussi…

Du coup, le meilleur reste encore d’essayer de changer un peu la donne individuellement, de ne pas se démoraliser face à ce genre de constats même si c’est souvent culpabilisant, et de se concentrer sur les aspects positifs en gardant à l’esprit que l’effet boule de neige n’est jamais loin… J’étais ravie pour ma part de constater il y a peu de temps que l’une de mes anciennes colocataires partageait sur Facebook ses astuces pour consommer et agir de manière plus écoresponsable (la même qui laissait tout allumé et gâchait la nourriture, sans que je n’ose lui parler de ça, avait adopté mon produit ménager maison à base de vinaigre et d’huiles essentielles et proposait d’autres gestes pour réduire la production de déchets). Aucune situation n’est désespérée, c’est toujours ça de pris question optimisme ! 🙂




  • Réagir
    Ornella
    24 avril 2019 at 8 h 26 min

    En fait, clairement pour moins « se faire chier », ils ont plus d’idées mais pour mieux respecter la planète, y a personne quoi. C’est vraiment un pays de merde. Je sais, je suis dure. Mais moi qui étais obsédée par les états-unis étant jeune et sans doute à cause de notre cinéma et de notre culture américaine de série télé, aujourd’hui je me rend bien compte que c’est un pays gangréné.

    • Réagir
      parenthesecitron
      28 avril 2019 at 15 h 44 min

      Heureusement il y a quand même des voix qui s’élèvent contre ça et une certaine prise de conscience, mais c’est sûr que vu la taille du pays, les habitudes ancrées depuis des générations et la politique présidentielle qui fait du yoyo face à l’écologie depuis 10 ans, ce n’est pas gagné…

Laisser un commentaire