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Expatriation

Les différences de mode de vie entre Europe et USA

31 mai 2019
france vs usa

Le 21 mai dernier, cela a fait UN AN que nous sommes partis vivre à Boston ! Je partageais cet « anniversaire » sur Instagram et vous avais promis un article sur les différences entre l’Europe et les USA au quotidien. Bon, cet article s’est fait largement plus attendre qu’annoncé (désolée), mais le voici bel et bien !

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous rappelle que vous pouvez aussi consulter mes différents articles sur la vie aux US et plus particulièrement à Boston (un article sur la beauté du printemps bostonien arrive bientôt, pour boucler le cycle) :

(Petit préambule : comprendre « Américain » comme habitant des « États-Unis » tout au long de cet article, car même si dans les faits la notion est bien plus large, ça allègera un peu la lecture – l’article étant déjà bien assez long).

Les différences pratiques entre Europe et USA

Les différences de base

Je commence par le plus évident : la monnaie bien sûr ! Vous connaissez le fameux dollar américain, qui d’ailleurs existe bien davantage en billet qu’en pièce (c’est assez étrange de posséder plein de billets et de rendre compte qu’on n’a même pas $5 sur soi) mais en dollars il y a aussi de nombreuses petites pièces qui chacune possède un nom : dime pour 10 cts, quarter pour 25 cts (les fameux bien utiles en laverie !) et j’en passe…

Les principales autres différences basiques sont les prises (pour lesquelles il faut se fournir en adaptateurs) et le voltage, qui oblige à racheter sur place certains petits appareils comme le sèche-cheveux ou le lisseur (mon lisseur m’ayant lâché après 10 ans de bons services juste avant notre départ (perfect timing!), j’en ai profité pour trouver sur place un petit modèle au double-voltage que je pourrai donc configurer sur le voltage européen pendant les vacances (et lorsqu’on quittera les US). Pratique !

Les transports

Si le métro (du moins à Boston) est bien pensé et à peu près fiable, sachez qu’il n’en va pas de même des bus, qui sont systématiquement en retard. 90% du temps, les bus d’une même ligne se suivent même, tant il n’y aucune logique. Une application mobile est vite devenue indispensable, surtout pour le tracking du bus, puisqu’il n’y aucune indication aux arrêts et que Google comme l’application officielle  indiquent un horaire qui n’a rien à voir avec le passage réel du bus.

Autre point, énormément de grands axes traversent les centre-villes, et même les camions y circulent sans problème. Le klaxon y est couramment admis, et est tant utilisé qu’il en devient limite inutile (quand tu entends klaxonner plusieurs fois par minutes, tu n’y fais presque plus attention…). La nuit, cela me réveille encore parfois malgré les bouchons d’oreilles, aucune législation ne vient empêcher ça (ou bien elle n’est jamais respectée). Les conducteurs du Massachusetts sont tellement mal considérés à travers les US qu’ils y ont gagné surnom sur la base d’un petit jeu de mot : on les appelle les « massholes » (je vous laisse chercher par vous-mêmes la traduction si vous ne l’avez pas…).

Enfin, si les camions sont partout, on voit également beaucoup (voir presque uniquement) de grosses voitures : la petite voiture facile à garer étant un concept vraiment très européen (aux USA, le 4×4 et le pick-up sont rois !).

france vs usa

Le système bancaire

En Europe, ce qu’on appelle carte de crédit est en fait une carte de débit. Aux USA, on utilise les deux, mais pas pour la même chose : pour retirer de l’argent, on utilise la carte de débit. Pour avoir (sur le long terme) un credit score, on doit utiliser une carte de crédit, qui, comme son nom l’indique, fonctionne sur un système de crédit, c’est-à-dire de l’argent qu’il faut régulièrement penser à rembourser (en faisant des virements de notre compte bancaire vers notre carte, comme s’il s’agissait d’un autre compte ou d’un livret). Ces cartes de crédit sont souvent affiliées à un système de cash rewards (un truc super apprécié des Américains), qui permet d’obtenir de petites réductions sur des dépenses de la vie courante (par exemple, alimentaires).

Quel intérêt, me direz-vous ? L’intérêt est en fait plutôt une nécessité, car aux USA le credit score est indispensable pour certaines actions comme louer un appart par exemple (n’en n’ayant pas à notre arrivée puisqu’on est Français, on a dû avancer 4 mois de loyer pour compenser, soit pas loin de $8000 !). L’achat d’une maison ou d’une voiture neuve est aussi conditionné par ce credit score, bref, pour les Américains, c’est compliqué de faire sans… Et les intérêts étant importants, il faut être très vigilant sur le remboursement.

Autre différence dans l’utilisation de la carte bancaire, que je n’affectionne pas du tout pour ma part : il n’est presque jamais nécessaire de composer le code pin de la carte (même celles sans contact que l’on insère normalement, comme la nôtre, et même pour des achats de plus de $100). Il faut par conséquent être très réactif si on la perd. C’est tellement rare d’utiliser le code que j’ai bien failli l’oublier alors même que je l’avais choisi : ne retirant presque jamais de monnaie (tout ou presque peut être payé par carte bancaire), je ne l’avais pas composé depuis plusieurs mois et ne m’en suis souvenu qu’au troisième essai (ouf)…

Les mesures et la date

Les Américains utilisent toujours le Old Imperial System et non le système métrique comme en Europe (hors Angleterre), ce qui nécessite donc régulièrement une petite gymnastique de l’esprit (avec plus ou moins de succès) pour évaluer les distances, les poids, les températures… En ce qui concerne le poids d’ailleurs, en magasin les prix ne sont pas donnés pour 1 kg mais pour une livre (one pound), ce qui correspond à 454 grammes (soit environ 1/2 kg) : cela nous a valu quelques surprises sur les tickets de caisse les premiers jours !

Même la date est inversée : la semaine américaine commence le dimanche et aux USA, c’est ce format qui est utilisé : mm/jj/yy (c’est un réflexe à prendre très vite pour signer des documents, sous peine d’avoir quelques problèmes…).

france vs usa

Le système de santé

En tant que Français, on dispose d’un système de santé très très avantageux (j’invite le premier ou la première qui me dit le contraire à vivre à l’étranger quelques temps pour s’en rendre compte). On avait déjà noté ce point en Espagne, où les médicaments n’étaient pas remboursés et où une assurance santé coûtait environ 40€/mois par personne sans pour autant couvrir l’intégralité des rendez-vous médicaux (une simple carie à soigner coûtait environ 50€).

Vivre aux USA, c’est être amené(e) à donner un bras et un rein pour au final n’avoir le droit à rien (ou pas grand chose). A ce stade-là ce n’est même plus onéreux, mais carrément honteux… Outre le rapatriement obligatoire pour les visas J1/J2 (ce qui oblige à choisir une formule de santé un peu plus chère que la moyenne), le système américain ne fait pas dans la dentelle. Pour un couple, il faut compter près de $800 par mois, sans remboursement de médicaments et sans que toutes les prestations ne soient incluses (sauf que cette fois, une carie ne coûte pas « juste » 50€ mais plutôt $200 à $300…). A cela, il faut même ajouter un co-pay à régler à la fin d’une consultation (d’un montant de $20 je crois en moyenne, c’est la partie qui reste à charge du patient).

Pour le coup, cela reste encore assez abstrait pour nous, ayant eu la chance de ne pas être trop malades (et s’étant pas mal débrouillés jusque là avec la médecine naturelle, il faut l’admettre… – touchons du bois pour que cela dure !). J’ai une longue liste de rendez-vous à prendre pour notre retour en France (prise de sang, ophtalmo, dentiste etc.) car continuant de payer des cotisations sociales avec mon auto-entreprise française, je préfère encore payer la partie mutuelle que de risquer d’avoir une (mauvaise) surprise ici quant au montant total à régler…

Les restos et bars

Outre le fameux tip (pourboire de 15% à 20% de la note correspondant au salaire des employés) qui amène chaque sortie sympa à se conclure sur un peu de mathématiques bien reloues (surtout si l’on souhaite diviser la note, le pourboire devant être laissé APRÈS règlement de sa part), il y a un autre élément qui me surprend toujours : 90% du temps, même pour boire un verre il faut attendre d’être placé par le serveur (et gare à celui qui part s’asseoir avant, on le fera déplacer !).

Je reviendrai sur la consommation d’alcool en seconde partie d’article.

france vs usa

Le logement

Se loger aux USA (dans les grandes villes tout du moins) coûte très cher ($1850 pour un studio en ce qui nous concerne, j’en parlais ici en septembre dernier). Dans un logement, on trouve également bien d’autres contrastes avec nos habitudes européennes.

Les wc américains sont assez déroutants au début, dans la mesure où la conception de la cuvette nous donne à voir bien plus qu’en Europe. Concernant les wc publics, le fait que les interstices autour des portes soient nombreux a de quoi surprendre aussi, pour qui tient à avoir un peu d’intimité dans ce genre d’espace.

Toujours au niveau de la salle de bain, l’unique robinet de la douche/baignoire régule à la fois la pression et la température (pas de compromis possible !) et le pommeau de douche au bout d’un tuyau est un concept (quasi)-inexistant… Le jet sort donc d’un pommeau directement relié au mur, comme en camping (à vous de vous contorsionner en-dessous pour rincer vos cheveux) ! De plus, certaines vieilles baignoires ne possèdent pas de « robinet » en bas pour éviter de se prendre le jet d’eau froide sur le corps en attendant que la température monte… En arrivant aux US nous avons atterri dans un Airbnb sans ce système pratique, ma technique était donc d’ouvrir le jet en glissant la main à travers le rideau à l’avant de la baignoire, puis d’entrer ensuite par l’arrière de la baignoire lorsque l’eau était devenue un peu plus chaude. En colocation l’été dernier, on avait un système de robinet en bas donc la galère était moindre au quotidien. Dans notre studio, c’est encore mieux : point de baignoire, mais une douche ! Si le système de jet reste identique, un tuyau en cuivre sort du mur pour arriver au-dessus de nos têtes (permettant un jet bien vertical vers le sol) et il est possible d’orienter légèrement le pommeau sur le côté le temps que l’eau chauffe. C’est limite bien plus confortable qu’une douche française (si si, je vous assure !). Avoir les deux mains libres pour me laver et ne galérer ni à me tremper ni à me rincer est donc devenu une habitude quotidienne agréable, au point que retrouver un pommeau de douche sera sûrement une sensation un peu étrange après plus d’un an…

france vs usa

Dans la cuisine, encore d’autres différences à noter…  Nous en avons connu 3 : celle du Airbnb à notre arrivée (dans un appartement de zone résidentielle), celle de la colocation d’été (dans une résidence d’Harvard hyper moderne) et l’actuelle (dans une copropriété de Back Bay, un vieux quartier du centre de Boston). Dans les deux derniers logements, nous avons pu tester un système similaire, la différence étant l’âge de l’équipement (très moderne en coloc et très ancien actuellement) : les plaques de cuisson sont constituées chacune d’une grosse résistance en spirale sous laquelle on trouve une sorte de bol en métal, troué au centre. Nous avons repris le système en place dans notre colocation, à savoir recouvrir le bol d’aluminium pour éviter qu’un débordement de liquide ou de nourriture ne s’écoule on ne sait où. En-dessous, une porte opaque signale la présence d’un four en longueur (dans la cuisine de l’été dernier, il y avait une vitre pour voir l’intérieur, mais sur les systèmes anciens, jamais). Pour la gestion de cuisson (en Fahrenheit !), c’est assez compliqué au début (mais c’est comme tout, on s’y fait !).  Cependant, si je vous dis que la simplicité de la vitrocéramique et du four lambda français me manque, vous me croyez ?

En ce qui concerne les fenêtres des vieilles copropriétés et de nombreuses maisons, elles sont globalement de mauvaise qualité (isolant très mal d’un point de vue sonore et thermique) et rarement remplacées. En ce qui nous concerne, on devrait avoir une partie de chaque fenêtre de notre appart changée d’ici quelques temps, des mesures ayant été à nouveau prises (c’était déjà le cas en septembre dernier donc on ne s’affole pas non plus) : l’une d’entre elles dans le salon ne peut être ouverte, et celle de la salle de bain le reste de quelques centimètres tout en haut (nous avons passé tout l’hiver comme ça, mais le sur-chauffage dont je vous parlais dans cet article a largement compensé l’entrée d’air froid, à part pour les premiers jours de printemps lorsqu’il faisait moins de 10° mais que les chauffages étaient éteints). Vous noterez qu’on nous ne remplacera pas les fenêtres intégralement, non, juste une PARTIE ! Service minimum, et encore, on n’est pas à plaindre semble-t-il.

apartment-in-Boston

Pharmacies

Les pharmacies américaines sont très surprenantes et à 10 000 lieues de la pharmacie traditionnelle européenne. Pour le coup, elles sont plus proches d’une parapharmacie, ce sont des petits supermarchés où l’on vend (outre des vitamines à gogo) de la papeterie, de la nourriture, des boissons en plus des médicaments…

Les machines à laver

Les machines à laver sont très rarement présentes dans les appartements, surtout ceux situés en hyper-centre (un peu plus dans certaines petites villes si l’appartement possède une belle surface ou bien systématiquement s’il s’agit d’une grande maison individuelle). Ce n’est pas seulement que les appartements ne sont pas équipés (cela arrive souvent en France aussi) mais plutôt que rien n’est prévu pour accueillir ce genre d’équipement (pas d’entrée d’eau). Lorsque exceptionnellement c’est le cas, c’est un lave-vaisselle qu’on retrouve branché…  Dans les très grands appartements, les machines présentes sont quasi-systématiquement accompagnées d’un sèche-linge.

Mais alors, en l’absence de machine, comment fait-on ? Les Américains sont habitués soit à descendre dans la cave de leur copropriété, dans le meilleur des cas, soit à se rendre à la laverie la plus proche. On est dans le second cas et je me rends compte du luxe que nous avions auparavant en Europe (d’autant que la laverie que nous avions repérée juste en face au moment de choisir notre appart s’est révélée être à fuir, nous obligeant à prendre le bus avec l’énorme sac de linge pour 2 arrêts – ou à le porter tant bien que mal pendant 12 minutes, ce que seule je ne fais jamais à cause du poids).

Quand aux machines à laver en elles-mêmes, elles aussi sont différentes de celles que l’on trouve en Europe : elles possèdent en effet une entrée d’eau froide ET une entrée d’eau chaude (les machines européennes chauffent l’eau), et brassent le linge bien moins (ou moins bien) que celles auxquelles nous sommes habitués. Conséquence regrettable, mes cotons démaquillants lavables restés immaculés pendant presque 2 ans en Europe sont à présent définitivement tâchés (et pourtant mon maquillage est bio et non waterproof, donc très facile à retirer), au point que je ne sache plus à l’œil s’il sort de la machine ou non. Heureusement que l’on tâche rarement nos vêtements, je vous laisse imaginer le résultat…

Les différences culturelles entre Europe et USA

Ultra-drive

Le système de drive est présent partout, tout le temps. Si le développement du drive vous surprend encore parfois en France, dîtes-vous qu’on a bien une décennie de retard sur les Américains. Par ailleurs, les gens ici commandent énormément en ligne pour se faire livrer : aucune journée ne s’écoule sans qu’un des appartements de notre copropriété (qui en comporte seulement 6, donc moins le nôtre, 5) ne reçoive un ou plusieurs colis, c’est assez hallucinant.

Les tabous

En France (et en Espagne) il est assez mal vu de parler d’argent : pour les Américains, pas du tout ! Par contre, gardez-vous de vous épancher sur des considérations religieuses, surtout à un repas : si en France, déclarer qu’on est athée passe bien la majorité du temps, aux États-Unis c’est différent. On ne l’a pas vécu personnellement mais je l’avais appris en arrivant à Boston. L’État et la religion se mélangent souvent, cette dernière a donc une place importante dans le quotidien ou le cœur des Américain et ça je l’ai constaté par moi-même : ils chantent par exemple avec ferveur (une main sur le cœur) God Bless America le jour du National Day (c’est-à-dire le 4 juillet). Si souvent ils n’en pensent pas moins sur un sujet de nature religieuse, par convention ils se taisent (ce qui passe pour une attitude tolérante peut parfois frôler l’hypocrisie, mais au moins, ça se passe bien).

Pas de jugement

Sans que l’on sache donc parfois s’il s’agit d’une réelle tolérance, le fait que les Américains ne portent pas ouvertement de jugement est un aspect assez agréable. Et je pense que de manière assez sincère, ils en portent bien moins que les Européens. C’est reposant de ne pas se sentir jugée, que ce soit dans une situation donnée (si on ne comprend pas bien quelque chose) ou sur notre style. Les Américains sortent parfois en pyjama de leur appart à un magasin, chantent à tue-tête en pleine rue, un casque ou des écouteurs vissés sur les oreilles… Grâce à ça, j’ai appris à lâcher un peu prise, à sortir sans passer obligatoirement par la case maquillage, à ne pas me sentir ridicule si je fais quelque chose d’étrange (si je trébuche etc.) : tout le monde s’en moque (ou semble s’en moquer), alors pourquoi pas moi ?

france vs usa

L’enthousiasme des Américains

Je dirais même l’hyper enthousiasme, car à ce stade, ce n’est plus de la simple joie 🙂 Il y a des jours où je trouve ça vraiment cool (un peu de bonne humeur ça fait toujours du bien, surtout l’hiver), et d’autres où je trouve limite fatigant de voir des gens s’extasier sur rien, hurler pour rien, ou avoir un ton qui pour nous-autres Européens devient franchement théâtral : « Oh reaaaallyyy??? It’s soooo cooool! And hooooow did you knooow? ». Bon, vous avez l’idée… En Europe, on est globalement plus réservés (même si en Espagne et en Italie le volume sonore est par exemple bien plus élevé qu’en France). Même après 3 ans et demi en Espagne, je devrais être un peu habituée à plus d’ouverture et de « vie », mais j’aime bien que seul mon interlocuteur entende ma conversation (quant les Américains préfèrent que toute la rame de métro en profite). J’avoue que selon les jours, je m’y fais plus ou moins (si je suis fatiguée, beaucoup moins), mais là où je vais vite le prendre comme un manque d’éducation, quel que soit le pays, c’est en bibliothèque. C’est un lieu il n’est pas rare de voir une personne répondre fort à son téléphone, comme si elle était seule ou dans la rue. Pour moi c’est un lieu de détente mais de CALME, je ne supporte pas les sonneries et conversations qui rompent le silence (et l’ironie suprême, c’est que je subis en écrivant ces lignes exactement ce que je condamne dans leur contenu, il fallait le faire…). Dans le même ordre, celui (ou celle) qui s’installe à côté de toi avec un PC en mode sound on, avec plusieurs notifications par minute ou le son d’une vidéo… Je n’ai pas souvenir de telles choses en Europe.

Au-delà d’un enthousiasme à toute épreuve, les relations semblent assez superficielles parfois : les Américains se font de grandes embrassades dans la rue (le fameux hug) en s’étant vu parfois seulement 2 fois et souvent, ils ne se recontacteront jamais après. C’est un peu surprenant au début (le premier « vent » pris en voulant faire une bise aussi !) mais on s’y fait. Je hug de bon cœur (et abandonne la bise avec des non-francophones) et évite de réfléchir plus loin, parce qu’après tout, c’est à moi de m’adapter.

Le travail

Les Américains prennent peu de congés (2 semaines par an) voire n’en prennent pas du tout ! En tant que Français, nous sommes considérés comme des privilégiés (et aussi comme des fainéants, alors même qu’il a été démontré que passer sa vie au travail ne nous rend pas plus efficace : c’est même l’inverse).

Pour un immigré même légal (avec visa donc), le droit au travail ne coule pas toujours de source, surtout pour les conjoints de la personne ayant le visa principal (par exemple mon mari a un J1 et moi un J2, qui dépend donc du J1). Selon le visa et le bon vouloir des autorités, l’autorisation peut même être très longue à obtenir. En plus de verser un chèque de $410 dollars avec le dossier de demande d’autorisation de travail, il est courant d’attendre 3 mois voire bien davantage (plus de 7 mois dans mon cas !) pour recevoir le précieux sésame. Celui-ci prend fin avec la date d’expiration du visa (si vous avez fait le calcul, j’ai à peine eu le droit de travailler 4 mois sur la première année…) et il faut donc demander à le renouveler, avec un nouveau chèque de $410, dès le nouveau visa en poche.

En ce qui me concerne, mon autorisation prend fin le 31 mai et je ne pourrai pas faire ma demande de renouvellement avant cet été car on ne rentre en France qu’en juillet (je n’aurai mon nouveau visa qu’à ce moment-là, en passant par l’ambassade des États-Unis à Paris). Je me retrouve par conséquent au chômage malgré moi sur une longue période (car je suppose qu’une fois la demande faite, il faudra bien plusieurs semaines voire mois avant qu’elle soit à nouveau validée…). Heureusement, je rentre en France cet été et je pourrai toujours y travailler un peu (n’hésitez pas d’ailleurs si vous souhaitez faire appel à mes services de photographe, j’ai mis en ligne mes disponibilités) ! 🙂

La peur de gêner

Constat récurrent dans les rayons des magasins ou sur un trottoir, il semble que l’Américain, contrairement à l’Européen parfois (trop) décomplexé, a toujours peur de gêner : « Excuse me » est peut-être la phrase que j’entends le plus quand je fais mes courses (quand bien même la personne a trois fois la place de passer derrière moi). C’est amusant au début, mais assez vite redondant (voire stressant à la longue – maintenant c’est moi qui ai l’impression de gêner chaque fois que j’entends cette phrase).

Écologie

Je vous parlais des contrastes culturels en matière d’écologie dans un article récent, je ne reviens donc pas dessus.

Sécurité

Aux USA, rien à redire d’un point de vue sécurité : je me sens vraiment bien, le harcèlement de rue est inexistant et on ne rigole tellement pas avec les lois que pour le coup, ça, ça change vraiment de la France. Moi qui m’attendais à une grande ville un peu en mode FarWest, j’ai été très surprise : pas de vol à la tire dans la rue, les colis sont souvent déposés sur les perrons en toute confiance (dans notre cas, derrière une première porte transparente non verrouillée), pas besoin d’être d’une vigilance extrême avec ses affaires comme dans certaines villes remplies de pickpockets (Barcelone, Rome, c’est pour vous !), on peut laisser un téléphone sur une table sans aucun risque de voir quelqu’un partir en courant avec. C’est d’un repos dingue.

Évidement, certains quartiers plus excentrés sont un peu plus à risque que d’autres, mais honnêtement, rien de pire qu’en France (même dans les journaux). Mais je suis consciente que la Nouvelle-Angleterre tire aussi sa tranquillité de ce que les armes à feu y sont proscrites.

Les célébrations

Beaucoup de célébrations typiquement américaines (mais qui pour certaines s’exportent de plus en plus en France) sont fêtées avec une grande application.

Halloween et Thanksgiving notamment sont de véritables institutions : les riverains décorent énormément leurs jardins, ou marches d’escaliers, ou fenêtres etc. (tout ce qu’ils peuvent décorer), se promener dans les rues à cette période est un ravissement (idem en période de Noël, mais en Europe ça se fait aussi -pas autant, mais ça existe).

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La barrière de la langue

Pour vivre aux USA, mieux vaut parler un minimum anglais. Si un américain parle autre chose que l’anglais (américain), soit il a un attrait personnel pour les langues étrangères (et j’en connais dont je suis super admirative d’ailleurs tant c’est maîtrisé !), soit il est immigré (ou enfant d’immigrés). En tant qu’européen, l’apprentissage de deux langues étrangères est obligatoire de l’école primaire au brevet (et même si la France ne brille pas particulièrement dans le domaine, d’autres pays européens se débrouillent bien mieux), ce n’est pas le cas des Américains.

La consommation d’alcool

Aux USA, on n’achète pas de l’alcool dans n’importe quel supermarché (peu possèdent une licence pour en vendre), et surtout, chaque personne passant en caisse (les 2 membres d’un couple par exemple) doit montrer son ID même si elle a bien visiblement dépassé les 21 ans. Idem à l’entrée d’un bar (pas d’ID, pas d’entrée même si vous comptiez ne pas boire d’alcool).

Consommer de l’alcool dans un lieu public (au bord de la Charles River ou dans un parc par exemple) est interdit (à moins de bien cacher le contenant avec du kraft ou de le transvaser dans une gourde opaque, en somme…) la règlementation est très très lourde. En résumé, dans certains États, le port d’armes en public est autorisé mais pas la consommation d’alcool (#priorités)…

Nationalisme / patriotisme

Pour finir, on peut voir beaucoup de drapeaux américains dans les rues, aux balcons ou aux fenêtres. Il y a une réelle fierté vis-à-vis du drapeau, il en devient un véritable accessoire ou élément de déco. C’est quelque chose de plus rare en Europe (sauf dans les coins à tendance indépendantiste, comme en Catalogne ou Pays Basque espagnol par exemple).

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Voilà, j’espère que ce (très long) article vous aura plu. A priori (sauf énorme surprise en août, mais peu de chances), on reste pour un an de plus à Boston, donc je mettrai peut-être à jour cet article l’an prochain (en nuances ou en ajout). Si vous avez pu constater lors de vos séjours ou résidences d’autres différences, n’hésitez pas à les partager en commentaires !


Envie de donner une touche poétique à vos photos ? Pensez à mes presets Lightroom !


 

 




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    Nina - 19 Janvier
    1 juin 2019 at 8 h 27 min

    Super sympa cet article, c’est d’ailleurs très complet ! Je retrouve pas mal de similitudes que j’ai constatées quand je me suis installée au Québec. Bisous !

    • Réagir
      parenthesecitron
      3 juin 2019 at 1 h 23 min

      Merci ! Oui ça ne m’étonne pas tellement que tu ressentes aussi certains points, beaucoup de choses fonctionnent de manière assez similaire aux US paraît-il 🙂

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    Ornella
    1 juin 2019 at 10 h 02 min

    T’as pas fait semblant, c’est ultra détaillé !

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      parenthesecitron
      3 juin 2019 at 1 h 26 min

      Ah, ah, tant qu’à faire (ou plutôt, tant que les idées viennent…) ! 😉

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    Aure
    2 juin 2019 at 15 h 18 min

    Le système de santé aux US c’est la foliiieeee ! On a tellement de chances ici !!!
    En Europe en général en tout cas
    Bises,
    Auré

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      parenthesecitron
      3 juin 2019 at 1 h 21 min

      Mais oui, il y a un tel contraste ! Dur de ne pas se sentir privilégié(e), surtout en France 😉

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    My Travel Blog
    24 juin 2019 at 15 h 40 min

    Un article très intéressant sur les différences culturelles entre nos deux pays. Je retiendrai la différence la plus amusante : les Américains s’en foutent. Ils s’en foutent de chanter ds la rue, de sortir en pyjama, et j’imagine, d’être gros, … J’aime beaucoup ce concept !

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      parenthesecitron
      24 juin 2019 at 16 h 32 min

      Merci, oui moi aussi ça me plaît bien ! J’ai appris à lâcher beaucoup de lest et faire fi de plusieurs complexes grâce à ça (pas tous, mais il y a du progrès).

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