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Expatriation

Paroles d’expatrié(e)s #1 : Caroline (Toronto/Montréal)

Aujourd’hui, j’ouvre une nouvelle rubrique sur le blog. A l’origine, je souhaitais publier un « #3 » à mes deux articles sur le sujet de l’expatriation, en regroupant plusieurs témoignages d’autres expatrié(e)s après mes propres réponses à vos questions.

Petit à petit, en recevant les premiers témoignages, j’ai réalisé qu’ils étaient très riches et que les joindre les uns aux autres les noierait alors que mon objectif premier était de mettre en valeur chacune de ces expériences. La rubrique « Paroles d’expatrié(e)s » est donc née : en publiant un témoignage par article et en partant sur une publication mensuelle, j’espère vous donner envie de vivre vous aussi cette grande aventure qu’est l’expatriation ! 🙂

A travers ces récits d’expériences, on va voyager un peu partout à travers le globe. Les deux premiers témoignages ont pour cadre le Canada (destination rêvée par de nombreux francophones), mais promis, on ne se cantonnera pas à l’Amérique du Nord !

Aujourd’hui on accueille Caroline, une amie rencontrée à Toulouse (alors qu’on effectuait toutes deux notre stage au sein du Pôle Média Numériques de Toulouse/Toulouse Métropole, il y a de ça des années) et dont j’ai suivi les aventures au Canada à travers son expatriation à Toronto puis à Montréal. Rentrée depuis peu en France, elle nous raconte à quoi s’attendre (ou pas !) lorsqu’on s’expatrie outre-atlantique !


Où as-tu vécu et combien de temps ? Était-ce ta première expérience ?

En mars 2017 je suis partie vivre au Canada et plus précisément à Toronto dans le cadre du PVT (Permis Vacances Travail). J’ai vécu 2 ans et demi dans cette ville avant de finir mon aventure par 6 mois à Montréal. C’était ma toute première expatriation qui aura duré 3 ans au total. Aujourd’hui je suis rentrée en France sans regrets. Ça reste à ce jour ma plus belle aventure et je sais que j’y retournerai !

Qu’est-ce qui t’a amené à partir de France et pourquoi ce choix de ville(s)/pays précisément ?

Pour moi ça a été une opportunité arrivée au bon moment. J’éprouvais depuis quelques temps déjà le besoin de changer d’air, je me sentais un peu prisonnière de mon quotidien trop bien calé. Je m’étais donc inscrite au PVT Canada et j’ai été tirée au sort quelques mois avant la fin de mon CDD en France, ça été l’occasion parfaite pour entamer une nouvelle aventure professionnelle et personnelle à l’étranger.

Honnêtement, au départ j’étais intéressée par le Japon ou Hong Kong, mais je me suis vite rendu compte que ça allait être plus compliqué donc j’ai choisi le Canada pour me rassurer. J’avais envie de partir à l’étranger mais dans un cadre plutôt sécuritaire, aventurière mais pas trop ! En plus j’avais déjà visité ce pays donc je savais un peu à quoi m’attendre. Là ou j’ai pris un peu plus de risques c’est sur le choix de la ville, j’ai choisi de vivre à Toronto, une ville anglophone taillée à l’américaine où presque toutes les nationalités du monde sont représentées. Je ne regrette absolument pas mon choix, sa multiculturalité a été un vrai cadeau ! Tous ces festivals et ces cuisines du monde, j’en rêve encore !

Quels sont selon toi les avantages et inconvénients de la vie d’expat’ ?

Les avantages et les inconvénients de l’expatriation sont, à mon sens, vraiment propres à chacun. Ce qui m’a plu ou dérangé en tant qu’expat n’est pas forcément vrai pour les autres. Personnellement, j’ai adoré pouvoir tout explorer sans gêne en tant que nouvelle arrivante. Je me sentais plus libre de sillonner la ville et le pays, de poser des questions aux locaux sur leur façon de vivre, chose que je ne faisais pas forcément dans ma propre ville. J’ai aimé l’entraide entre expats, la communauté française sur place a été d’une grande aide durant tout le processus et j’ai noué des amitiés incroyables, comme on vit tous la même chose ça nous rapproche plus rapidement et plus intensément. Niveau professionnel, au Canada, parler français est un avantage et cela m’a ouvert plein de portes, j’ai découvert des domaines pro assez variés que j’aurais sans doute pas pu approcher en restant en France.

Les inconvénients ça a été pour moi la lourdeur des démarches administratives qui prennent un temps fou, j’ai eu parfois le sentiment de courir après les attestions et autres papiers au lieu de profiter pleinement de mon expérience. Je crois malheureusement que ça fait partie du jeu de l’expatriation et que c’est sans doute impossible de faire sans ! Une autre chose qui m’a un peu gênée, c’est cette sensation de ne pas vraiment être chez soi et de ne pas pouvoir se poser pleinement. Je savais déjà avant de partir que mon expatriation serait temporaire mais ça n’a pas toujours été facile au quotidien d’accepter que ton chez toi doit tenir dans quelques valises, moi qui aime la déco et les vêtements j’ai souvent dû lutter (et échouer) contre mes envies pour ne pas trop m’encombrer.

(NDLR : Je comprends bien ce que Caro a pu ressentir car c’était la même chose pour moi… Besoin de me créer un cocon pour se sentir chez moi et dans le même temps, nécessité de ne pas m’encombrer -avec un mari qui me le répétait assez souvent- : même en étant assez minimaliste, c’est un sacré dilemme !).

visiter montréal en été
Montréal (Petite Italie)

4/ As-tu une petite anecdote à raconter au sujet de ton expatriation ?

Ah ah oui ! J’ai pu expérimenter la légendaire gentillesse canadienne dès mon arrivée sur le territoire. Avant de partir, j’ai longuement préparé mon voyage, ce qui m’a permis de partir assez sereinement : pas de pleurs à l’aéroport, le sourire aux lèvres dans l’avion, bref globalement pas trop stressée. J’avais tout prévu pour mon arrivée et réservé un Airbnb pour les premiers jours. Sauf qu’une fois un pied posé sur le sol Canadien, mon hôte Airbnb m’appelle pour me dire qu’elle a un dégât des eaux chez elle et qu’elle ne pourra pas m’accueillir comme prévu ce soir, elle n’a même pas le temps de finir sa phrase que prise de panique je fonds en larmes alors que je suis sur le point d’arriver à la douane. Le douanier qui me voit pleurer me demande gentiment (en français !) ce qu’il se passe, je lui explique, et il me rassure en me disant qu’au pire il y a des hôtels, qu’il ne faut pas que je m’en fasse et que tout va bien aller, vraiment adorable du coup il en oublie même de me demander tous les papiers administratifs qu’on doit normalement présenter (ceux qui savent, savent !). Une fois la douane passée et mon visa fait, l’hôte me rappelle pour me dire qu’elle a trouvé une solution, elle va non seulement venir me chercher à l’aéroport en voiture, ce qui n’était pas du tout prévu, mais qu’en plus elle m’a trouvé un nouveau logement et qu’elle va prendre à sa charge la différence de prix ! Encore aujourd’hui je n’en reviens pas de cette gentillesse, j’ai pu malgré tout commencer mon aventure dans les meilleures conditions.

5/ Est-ce un mode de vie que tu recommandes ? Quels seraient tes conseils ?

Oui à 100% ! Que ce soit pour quelques mois ou toute une vie, il faut tenter l’expérience ! Vous ne regretterez jamais d’avoir osé l’aventure car vous allez toujours en retirer de précieux enseignements, que l’expérience soit selon vous réussie ou non, on en ressort toujours plus fort. S’expatrier c’est se donner la chance de prendre du recul sur notre quotidien et de voir la vie sous un angle différent, beaucoup de choses prennent du sens après ça.

Mon unique conseil est de bien se préparer avant de partir mais de s’attendre à ce que, une fois sur place, rien ne se passe vraiment comme prévu ! Il est très facile aujourd’hui de se renseigner sur sa destination et sur les démarches à effectuer avant de partir. Grâce aux blogs d’expat, aux groupes Facebook dédiés ou aux sites gouvernementaux, internet regorge d’infos utiles, et plus vous serez préparés mieux votre séjour se passera. Cependant, une fois à destination il faut aussi se laisser porter par le cours des événements, et accepter que vos objectifs ne se réalisent pas forcément dans l’ordre ou de la manière imaginée avant de partir, c’est sans doute le plus beau dans tout ça, l’inattendu !

(NDLR : je n’aurais pas mieux conclu !).


Merci Caro pour ce beau témoignage (à la fois drôle, intéressant et émouvant !). Vous pouvez retrouver Caroline sur Instagram, où elle a partagé des photos de Toronto et Montréal pendant son expatriation : @caro_izd. Accros aux jolies céramiques, on la retrouve aussi sur le compte @lapprentiepotiere !

Si vous aussi vous souhaitez participer à cette rubrique, écrivez-moi (avec vos réponses à ces questions) à fanny@parenthesecitron.com.

A propos

Hello et bienvenue ! Je suis Fanny, photographe de 32 ans. J'adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Originaire de Charente-Maritime, j'ai vécu dans différentes villes en France puis à Donostia - San Sebastián (en Espagne) pendant 3 ans 1/2, ainsi qu'à Boston (dans le Massachusetts aux USA) pendant 2 ans. Je suis rentrée dans ma région natale en plein confinement et ai emménagé début août 2020 à Montpellier.

6 Commentaires

  • Romain
    26 juillet 2020 at 13 h 05 min

    C’est vraiment cool d’avoir un retour d’expérience sur de l’expat. Il y a plusieurs choses qui me font penser à notre expérience. C’est vrai que c’est quelque chose à faire si on en a l’occasion !

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    • parenthesecitron
      26 juillet 2020 at 20 h 12 min

      Oui je pense qu’il y a pas mal de traits communs mais ça m’intéresse aussi beaucoup de lire et partager la diversité des objectifs liés à l’expatriation et des expériences une fois sur place ! 🙂

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  • Anîsa
    26 juillet 2020 at 19 h 58 min

    Hello ma belle 🙂

    Wouaaah ! c’est super ça, moi aussi j’ai envie de partir voir d’autres pays pour y vivre, même juste 1 an.
    Très bel article franchement, en plus ton blog est trop beau.

    Bisou,
    Anîsa de MBL By Anîsa

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    • parenthesecitron
      26 juillet 2020 at 20 h 13 min

      Merci beaucoup ! Je te conseille vraiment l’expérience, même « juste » sur un an, ça nous change vraiment 😉

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  • The City and Beauty
    26 juillet 2020 at 20 h 00 min

    Un peu tard maintenant pour moi m’expatrier, puis il faut aussi préparer le terrain en aval puis certaines choses ont fait que je ne peux plus partir

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    • parenthesecitron
      26 juillet 2020 at 20 h 16 min

      Pour avoir connu des expatriés à la vie bien plus avancée que la nôtre (situations pro en place, enfants etc.), tout est envisageable si l’on cherche et que l’on est prêt(e) à quelques sacrifices (largement compensés par ce qu’on vit une fois sur place). Bien sûr cela se prépare (c’est indispensable) et je pense que ce qui diffèrera d’une situation à une autre, c’est le temps de préparation justement. On n’a pas tous besoin du même car toutes les situations sont différentes, il faut s’écouter et se sentir prêt(e). Et ne pas culpabiliser de renoncer si c’est trop compliqué, la vie offre de nombreuses autres possibilités d’expériences enrichissantes 😉

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