Menu
Expatriation

Comment vivre au mieux le retour après une période d’expatriation

L’expatriation peut être vue comme une parenthèse, surtout lorsque la date de retour n’est pas connue mais qu’il est à peu près certain dès le départ qu’il s’agit d’une période éphémère (aussi longue soit-elle). Mais parfois, elle est le résultat d’un changement total de vie et aucun retour n’est donc envisagé, l’objectif étant alors de s’installer définitivement ailleurs (du moins, sur le long terme).

J’aborderai aujourd’hui la première situation puisque c’est celle qui fait écho à ma propre expérience (je parlais de mon cas déjà dans les précédents articles sur le sujet) : je ne savais jamais quand aurait lieu le retour (puisque les contrats de mon mari s’enchainaient sans vraiment de visibilité), ni combien d’années allaient s’écouler ainsi à l’étranger, mais je me doutais qu’un jour ou l’autre, nous rentrerions. C’était moins évident en Espagne (d’ailleurs nous n’avions pas du tout anticipé que nous irions dans un autre pays ensuite), ça l’est devenu clairement quand nous vivions aux États-Unis (en raison de la situation pro de mon mari et du pays en question, pas en raison de l’expérience en tant qu’expat, que j’ai adorée et que vous pouvez lire ici).

Le « retour au pays », même s’il a été anticipé dès le départ, peut se révéler un peu compliqué une fois que l’expatriation prend fin, d’autant plus si elle survient de manière un peu brutale, comme cela a été le cas pour beaucoup à cause de la situation sanitaire actuelle.

Étant rentrée avec mon mari il y a presque tout pile un an, j’ai réalisé qu’il était temps de faire une sorte de bilan de cette première année post-expatriation (que je redoutais autant que je l’espérais, très étrangement). C’est une décision qui n’est pas liée du tout au covid-19 mais qui a tout de même été grandement impactée par lui puisqu’il est arrivé au pire moment pour nous, compliquant nos préparatifs, nous empêchant de revoir une dernière fois ville et amis et ruinant les perspectives de derniers week-ends/road-trips aux USA que l’on avait juste avant de quitter le territoire…

Je voulais vous publier cet article le 17 avril au départ (date anniversaire de notre retour) mais je ne l’avais pas terminé, le voici donc avec quelques jours de retard. Après une certaine immersion sur les blogs et réseaux sociaux à l’époque de notre retour en France et bien sûr à travers mon ressenti personnel au fil des mois écoulés et des discussions avec des amis ex-expats, j’ai eu l’idée d’écrire sur ce thème, sans savoir pour autant par où commencer (il y a beaucoup à dire). J’ai décidé de faire simple (ce qui ne veut pas dire court), et d’aborder le sujet en vous transcrivant ce que j’ai pu lire à propos de l’expatriation à mon retour en France et en émaillant les conseils récoltés ici et là de mon expérience personnelle.

Un retour assez spécial… aéroports déserts ! – stories Instagram du 17 avril 2020

Conseil n°1 : ne pas rester seul(e) et reconstruire rapidement une forme de routine

J’avais lu tout d’abord qu’il était important de ne pas rester seul(e)(s) et de rencontrer notamment d’autres ex-expats afin d’échanger sur les expériences vécues et rendre la transition plus douce, en plus de bénéficier de leurs conseils en cas de coup de blues, fréquent au retour. Ce n’est pas quelque chose que nous avons pu faire, faute d’avoir eu un endroit d’atterrissage stable dès notre retour, et d’avoir été dans un contexte facilitant vraiment les nouvelles rencontres (confinés puis déconfinés sur l’île de Ré, tout près de ma belle-famille, dans un contexte de méfiance vis-à-vis des contacts et du virus, puis l’esprit tourné vers un déménagement à organiser). Nous n’étions clairement pas dans la situation idéale pour ça à notre arrivée. Dans les mois qui ont suivi, à Montpellier, nous avons rencontré quelques têtes sympathiques mais sans avoir pu pour le moment construire vraiment de nouvelles amitiés, ayant fait ses rencontres juste à l’aube du deuxième confinement…

Autre conseil souvent lu, mettre rapidement en place des projets, faire des plans pour l’avenir, ne pas se laisser stagner. Au contraire, il est nécessaire de capitaliser sur l’élan de fraîcheur amené par le fait de devoir reprendre quelque chose (pas de zéro mais presque, enfin vous avez l’idée : on revient comme avec du sang neuf). Pour le coup, on a remis chacun la tête dans des projets pros et persos (moi celui de redévelopper mon activité de photographe en France, mon mari celui de réaliser un jeu vidéo en marge de son boulot). Il est vrai que ça a eu le mérite de nous occuper pas mal et de nous permettre de nous accrocher rapidement à quelque chose de concret. Je dois avouer que la transition m’a personnellement occasionné tout de même quasi un mois de flottement (là où mon mari a enchaîné comme si de rien n’était le développement de ses idées). Entre le décalage horaire des premiers jours, la retombée soudaine de la pression liée à notre épopée de retour (en plein confinement d’avril 2020, donc, avec toutes les incertitudes et peurs liées à cette époque en plus du déménagement outre-atlantique à gérer), l’angoisse liée au covid en toile de fond et le dépit de ne pas pouvoir rebondir directement dans la ville où nous devions emménager, j’ai eu un peu de mal à trouver l’énergie et les efforts nécessaires pour relancer mon entreprise, sachant que notre localisation allait être éphémère. Malgré tout, je me suis remise au travail (ainsi qu’à écrire des articles par ici), et il faut bien admettre que nous plonger directement dans de nouvelles perspectives (à court ou moyen terme) nous a permis de ne pas nous sentir perdus.

Un autre conseil que j’ai pu beaucoup lire ou entendre à travers certains témoignages, c’est celui de retrouver d’anciennes habitudes qui nous manquaient et de se créer de nouvelles routines appréciables. C’est ce à quoi nous nous sommes le plus raccrochés, je crois. Nous avons commencé par reprendre nos habitudes sur l’île de Ré (fief familial), et à en prendre de nouvelles, en faisant le marché juste à côté par exemple (car, coup de chance, nous avions l’un des rares marchés autorisés en France pendant le confinement !) ainsi que quelques balades en pleine nature sauvage, sans croiser personne. Un luxe incroyable pour se reconnecter à ce qu’on aime. J’ai pu aussi renouer rapidement avec mes envies de jardinage urbain (largement complétées plus tard à Montpellier) et avec celles de vivre tranquillement, en prenant le temps de faire les choses et de les savourer (#slowlife), dans un contexte bien plus facile et reposant qu’à Boston (j’ai pu enfin dormir sans bouchons dans les oreilles, me réveiller ou déjeuner avec le chant des oiseaux, prendre le temps de cuisiner de bons produits français… et me jeter sur le fromage, qui nous avait tant manqué !).

Mon conseil perso, valable pour un début d’expatriation comme pour un retour au pays, ça serait de prendre possession de notre nouveau lieu de vie essentiellement à pied, pour renforcer cette reconstruction de routine (nous n’avons plus de voiture depuis notre départ d’Espagne et nous prenons très rarement le tram -alors que vu la taille de la ville, nous utilisions les bus et métros fréquemment à Boston). Je trouve qu’en voiture/transport en commun, on est concentré sur la route à prendre ou l’arrêt à ne pas manquer, alors qu’à pied, notre attention est alors focalisée sur la foule de détails qui nous entoure, ce qui permet d’en mesurer davantage la richesse et de se sentir bien.

Par conséquent, pour que cela soit plus agréable (en matière d’environnement immédiat) et pour garder ce confort de vie auquel nous tenions sur l’île de Ré (et dans une moindre mesure, mais tout de même, à Boston), c’est-à-dire celui de tout faire à pied ou à vélo, nous avons fait le choix de vivre en plein centre historique de Montpellier (comme à Boston donc, à prix égal nous avons fait le choix d’une surface réduite mais d’une localisation idéale). Ainsi, nous sommes entourés au quotidien de visages bienveillants (nos voisins de la copropriété et les commerçants de notre quartier) et nous avons la sensation de vivre dans notre quartier un peu comme dans un village. Nous bougeons bien entendu de temps à autres un peu partout dans Montpellier mais 90% du temps voire plus, nous parcourons essentiellement les lieux et rues de notre « rive » du centre historique (par rapport à l’avenue Foch, qui à mon sens, le coupe en deux). Cela nous a permis de nous ancrer totalement dans un décor et de nous aider à nous sentir totalement appartenir à un nouveau lieu.

Conseil n°2 : apprivoiser le « décalage »

Au retour, il est fréquent de vivre un choc culturel inversé. Je m’explique. Au début de notre expatriation, on a parfois un choc culturel (plus ou moins léger selon où l’on arrive et d’où l’on vient). Il nous faut nous adapter à une nouvelle culture, un nouveau mode de vie, voire même adopter de nouveaux comportements (exemple qui me vient à l’esprit : on n’a pas attendu le Covid pour éternuer/tousser dans notre coude, pour la bonne raison qu’aux USA, c’est la manière de faire la plus pratiquée -et pour le coup, bien plus hygiénique qu’utiliser ses mains).  Il est possible qu’un nouveau choc culturel nous attende au retour, lorsqu’il nous faudra réintégrer les « codes » propres à notre nation (bon, pour le coude, merci le Covid de bien nous faciliter les choses et de ne pas nous faire passer pour des personnes étranges).

Tout aussi courant au retour, et ça m’a vraiment rassurée de lire de nombreux témoignages dans ce sens car c’est un point qui me culpabilisait pas mal : le fait de se sentir en décalage avec son entourage. C’est un peu comme si quelque chose avait changé dans les relations avec nos proches. On peut avoir l’impression qu’ils ont changé et que tout n’est plus comme avant (ce qui peut êtres vrai), mais c’est oublier souvent que eux ont continué leur vie normalement, et que l’ingrédient perturbateur, celui qui a vécu un truc un peu différent, c’est bien nous. C’est un peu compliqué en réalité d’attendre que tout soit comme avant, mais en souhaitant que soit pris en compte le fait qu’en fait pas puisqu’on a vécu autre chose qu’eux. En résulte un décalage parfois difficile à gérer, que j’ai ressenti par exemple dans le partage d’une anecdote/difficulté liée au retour, car on a envie (je dirais même besoin) d’être compris(e), et que parfois, seul quelqu’un ayant vécu plus ou moins la même chose sera à même de saisir la véritable profondeur du propos/ce qui ne va pas. Je pense que c’est pour cela que j’ai croisé aussi souvent le conseil de communiquer avec des ex-expatrié(e)s, dont je vous parlais plus haut. 

Au-delà des choses parfois impossibles à extérioriser faute d’interlocuteur qui en comprenne tout à fait la portée, il y a aussi le fait de vouloir raconter, partager, se souvenir, et se rendre compte que ça n’intéresse finalement pas grand monde à part nous. C’est une situation qui peut être frustrante et c’est là où avoir ce blog m’a rendu vraiment service (j’ai d’ailleurs initié les Paroles d’Expatrié(e)s à cette période, parce que ça me faisait du bien de lire ces témoignages et parce que je me rendais compte que ça pouvait faire du bien aussi aux personnes qui témoignaient en étant revenues, en plus de me permettre d’échanger avec elles sur le sujet – d’ailleurs si vous voulez en faire partie, n’hésitez pas à répondre aux questions posées dans ces articles, quitte à les adapter un peu si elles ne collent pas à votre situation, et à m’envoyer vos réponses à fanny@parenthesecitron.com !).  

Autre décalage tout aussi pénible, celui dû au regard porté sur notre propre pays, dont je vous parlais dans les avantages et inconvénients de vivre à l’étranger. De nombreux témoignages lus/reçus (à parcourir dans cette fameuse rubrique Paroles d’Expatriées) mettent en avant ce que j’ai ressenti également, à savoir un profond changement en moi-même, un regard plus éclairé sur mon propre pays (la mise en perspective est forcément plus grande lorsqu’on a des éléments de comparaison concrets et qu’on a pris du recul plusieurs mois ou années en habitant ailleurs et en s’adaptant à un autre fonctionnement). Cela permet de mieux apprécier certains aspects de notre pays à notre retour, mais parfois aussi, cela nous amène à nous interroger sur le fonctionnement de certaines choses (tour à tour illogique ou perfectible). Personnellement, c’est quelque chose que je trouve globalement très positif, mais ce décalage se manifeste aussi chez moi par un problème d’identification qui revient assez régulièrement, surtout ces derniers temps, lorsque je vois à quel point certains choix/certaines personnes peuvent être actuellement porté(e)s aux nues en dépit de toute valeur de solidarité et de fraternité, et à quel point les valeurs mises en avant par ces gens-là sont à mille lieues des miennes. Autre constat souvent fait (et pas que par moi), celui d’un monde de plus en plus individualiste et en son sein, d’une population jamais satisfaite : combien de fois depuis mon retour, me suis-je moi aussi fait la remarque que certains mériteraient un bon stage aux USA ou dans presque n’importe quel autre pays pour se rendre compte de la chance que l’on a d’être Français (et que non, on ne peut décemment pas se plaindre du coût de la santé ou de l’éducation en France, ça n’a aucun sens si on regarde deux secondes autre chose que notre nombril… Par contre, oui, on peut se plaindre du faible budget qui leur est alloué par l’État, de même qu’à la Recherche, par exemple, mais c’est un autre sujet). 

vie-post-expatriation

Conseil n°3 : faire un petit bilan personnel (tout de même)

Pour des expatriés aux USA, revenir en France signifie globalement retrouver la famille, une nourriture digne de ce nom, un patrimoine architectural et historique plus riche, des relations moins superficielles etc. (et aussi, une liberté un peu moindre sur la manière de s’habiller car le jugement est vite présent, un système sociétal qui a tendance à ne juger que sur les diplômes et non sur les compétences…). Pour d’autres expats, cela peut être très différent : tout dépend d’où l’on vient et où l’on était expatrié. De manière évidente, si le cadre de vie retrouvé n’est pas aussi plaisant que celui quitté, ce sera compliqué de vivre une bonne réintégration (mais c’est valable pour tout déménagement, pas besoin de traverser un océan ou la moitié d’un continent, la différence est que ça s’ajoutera aux autres points mentionnés ci-dessus).

A titre personnel, nous aurions certainement moins facilement vécu notre retour si on était revenu d’Espagne en 2018. En enchaînant avec cette deuxième expatriation aux USA, le contraste avec notre qualité de vie actuelle est impressionnant, dans le bon sens. Pour vous résumer un peu le tableau : Donostia-San Sebasti´an est une une ville de bord de mer au milieu des montagnes où l’on mange très bien et de manière abordable, où on n’avait pas besoin de visas et où le zéro déchet était une pratique facile (important à mes yeux) ; Boston est également une ville de bord de mer mais au style de vie à l’américaine, avec tout ce que ça implique de difficultés financières et administratives, où à moins d’avoir un bon salaire, il est compliqué de bien manger (pas fou et onéreux à l’extérieur/onéreux chez soi, ce qui explique que l’on ait soigné le poste « nourriture » mais pas fait autant de voyages ou week-ends que d’autres expats), et où le zéro déchet est une pratique compliquée ; Montpellier est encore une fois une ville de bord de mer (c’est moins flagrant car la mer est plus éloignée du centre, et comme à Boston, elle n’est pas hyper esthétique à moins de s’éloigner sur la côte) que nous on perçoit davantage comme une jolie cité antique et médiévale, où l’on mange bien (bons produits, à défaut d’avoir testé les restaurants) et où pratiquer le zéro déchet est un jeu d’enfant (dans notre partie du centre historique tout du moins). Tout ça pour vous dire que si on était revenu d’Espagne pour atterrir dans une ville pommée et triste en France, on ne le vivrait probablement pas aussi bien qu’actuellement.

La clé d’une post-expatriation réussie à mon sens, c’est opter pour un cadre de vie agréable (en fonction de nos goûts/besoins/possibilités) et de chouettes projets persos, car cela contribue à garder le moral. Quand on quitte un univers pour en recréer un autre, c’est essentiel. D’avoir été dans de chouettes cadres (villes/quartiers/apparts) depuis le tout 1er confinement à Boston et de savoir particulièrement bien nous occuper a fait que nous avons, je pense, vécu bien mieux que la moyenne des gens tous ces confinements et toutes ces restrictions (si ça nous pèse de ne pas pouvoir voyager, paradoxalement rester dans le même km² ne nous pose aucun problème).

vie-post-expatriation

LA question que l’on peut être amené à se poser après une expatriation : est-ce normal d’avoir des coups de blues/nostalgie de temps à autres ? Personnellement, je pense que oui. J’en ai pour ma part eu un très franc à l’arrivée de l’automne, que j’ai trouvé assez terne à Montpellier (mais parce que probablement, je ne connaissais pas encore les bons spots et que le deuxième confinement m’a empêchée de les découvrir) et que je revenais de Boston où l’automne est on ne peut plus flamboyant. J’ai eu alors une grosse vague de blues/nostalgie qui a duré presque 15 jours, en repensant à cette époque bénie et colorée sans attestation de sortie, puis je me suis focalisée sur ce que j’aime de ma vie depuis mon retour en France, et bien sûr, sur la possibilité pour les futurs automnes d’aller admirer les couleurs là où elles sont (forêts environnantes, Cévennes etc.). Mon mari lui, a très bien vécu ce retour au fil des mois et n’a pas eu de coup de blues. Il faut dire qu’il avait un rythme très fatigant à Boston (malgré un lieu de travail tout près de notre appartement) et que la France lui manquait bien davantage qu’à moi, donc il n’y a pas trop de place pour la nostalgie, du moins jusqu’à présent (sauf peut-être pour ses sessions de voile sur la Charles River). On a donc globalement très bien vécu ce retour en France. On réalise même régulièrement que notre quotidien est bien plus facile depuis que l’on est revenu des États-Unis (un peu le même que quand on vivait en Espagne, les cafés et pintxos en moins). 

Le plus important étant de vivre là où on se sent bien, si après de longs mois/années, vous percevez en revanche toujours votre retour comme négatif et que vous n’arrivez pas à vous ré-impregner de votre pays (au-delà du deuil normal d’un quotidien passé, qui peut durer de quelques jours à quelques mois ou même ne pas s’imposer du tout), il faut alors questionner ce choix et réfléchir aux décisions prises : étaient-ce les bonnes ? Valait-il vraiment mieux rentrer ? S’agit-il d’une nostalgie passagère (comme moi durant l’automne dernier) ? Qu’est-ce qui cloche : raison personnelle, professionnelle, sociale… ?


La seule chose qui à terme, pourrait instaurer en moi un doute, c’est cet amour que j’ai eu, même à Boston, pour le fait de vivre à l’étranger. Cette sensation  de me sentir étrangère dans une ville. Attention, je suis consciente que de ne pas faire partie d’une communauté/minorité quelconque était un précieux atout dans ces différentes intégrations (encore que je pourrais noter avoir parfois subi une sorte de discrimination quand je vivais au pays basque espagnol, mais c’est une longue histoire). Je me demande parfois si, quand je pourrai lui redonner une part importante dans ma vie, le voyage pourra vraiment remplacer cette agréable sensation d’être expatriée/immigrée (je considère le premier terme dans le cadre d’une parenthèse, le second dans le cas d’une installation qui se veut définitive, dîtes-moi si vous percevez ces termes différemment), de mesurer les progrès dans une langue étrangère au bout de quelques mois, ou si je finirai par ressentir une forme de manque un jour…

Quand on rentre d’expatriation ou même d’un très long voyage, est-ce que le voyage en lui-même s’arrête vraiment ? Ou bien a-t-on ça au fond de nous, au quotidien ? Est-ce que tout ça ne serait pas présent finalement dans notre manière de vivre, de regarder à nouveau ce qui nous entoure une fois rentrés, mais avec des yeux nouveaux ? Faire des découvertes autour de chez soi, voire changer de région si une lassitude arrive, tout ça aide finalement à retrouver l’adrénaline liée à la découverte, ce sentiment d’excitation créé par ce qui est « nouveau », par la routine brisée. La sensation de se retrouver en terre inconnue, même sans son propre pays, existe bel et bien. Moins intense, certes, puisque dégarnie d’un certain choc culturel (encore que du Nord au Sud, on puisse peut-être le ressentir ? L’avez-vous vécu ?).

J’espère pouvoir, si elle survient, combler cette sensation de vide par des voyages lents (de ceux où on découvre beaucoup – #slowtravel), par une nouvelle activité ou passion, en restant ouverte, en gardant une curiosité et une soif d’apprendre. Est-ce que cela suffira ?

A propos

Hello et bienvenue ! Je suis Fanny, photographe de 32 ans. J'adore planifier un voyage et découvrir de nouveaux lieux et cultures, immortaliser les beaux instants avec mon appareil photo, boire du thé, occuper mes dix doigts à quelque chose de créatif… Originaire de Charente-Maritime, j'ai vécu dans différentes villes en France et à l'étranger (Espagne et Etats-Unis) depuis ma majorité. J'ai emménagé en août 2020 à Montpellier.

Pas de commentaires

    Me laisser un commentaire